Accéder au contenu principal

For your eyes only (1981) - John Glen

Après les consternants délires spatio-humoristiques de Moonraker, il était nécessaire que James Bond retrouve un peu de sérieux. Le bateau espion britannique Saint George, doté du système de déclenchement des missiles de la flotte anglaise A.T.A.C, est détruit par une mine. Les Havelock, un couple d'archéologues travaillant pour les services secrets britanniques, sont chargés de localiser l'épave. Ils sont cependant assassinés par Hector Gonzales, sous les yeux de leur fille, Melina (Carole Bouquet). James Bond (toujours interprété par Roger Moore pour la cinquième fois) est chargé d'enquêter sur ces événements.

Plus les années passent, moins le douzième James Bond m'apparaît convaincant, la faute à une mise en scène qui manque singulièrement de relief et qui vieillit à chaque nouvelle vision. De plus, la photo du film relève plus du téléfilm de luxe que du cinéma.

Il y a pourtant des choses intéressantes dans ce douzième James Bond, à commencer par le prégénérique où l'agent secret se recueille sur la tombe de Teresa, sa défunte épouse... avant que précisément n'intervienne celui qui l'a tué, son pire ennemi, Ernst Stavro Blofeld. Le scénario est plutôt pas mal aussi et les scénaristes ont utilisé des  éléments issus des écrits de Ian Fleming, la nouvelle For your eyes only bien sûr mais aussi Risico, les deux se trouvant dans le même recueil.

Roger Moore, s'il recadre sa façon d'interpréter James Bond, ne peut pas s'empêcher d'être régulièrement désinvolte et de lancer de temps en temps sa petite blague, la plus lassante étant certainement la familiarité qu'il affiche envers Blofeld en caressant son crâne chauve. On parle quand même de l'assassin de la femme de 007...

Pourtant, à plusieurs reprises, Roger Moore peut se montrer crédible lorsqu'il s'agit d'être sérieux. C'est par exemple le cas quand il conseille à Melina de creuser deux tombes si elle veut aller au bout de sa vengeance ou quand il fait passer le tueur Emile Leopold Locque (Michael Gothard) de vie à trépas.

Entre les différents morceaux de bravoure (et le film en contient plusieurs), très vite, For your eyes only se transforme en course contre la montre pour éviter que A.T.A.C ne se retrouve entre les mains  de l'Union soviétique. Mais pourquoi ce final stupide où James Bond est mis en contact téléphonique avec Margaret Thatcher, du moins une actrice qui en est le sosie ? La conclusion du film sur une dernière blague mal venue annihile définitivement tous les efforts de sérieux opérés pour cet opus.

La bande originale composée par Bill Conti n'est pas non plus des plus fantastiques. Le compositeur s'était montré plus inspiré en orchestrant celle de Rocky.

Bien sûr, l'image du blu-ray est splendide, comme c'est le cas pour tous les autres du coffret mais sa remasterisation a un peu tendance à accentuer son aspect téléfilm.

Commentaires

  1. Je me répète, mais je ne comprendrai jamais comment et pourquoi Moore a eu les faveurs de la production durant de si nombreuses années. Comme si le choix avait été fait de s'enfoncer dans la parodie, chaque fois davantage. Évidemment, après ça, le pauvre Dalton, lui, n'a eu guère de succès, alors qu'on revenait enfin à quelque chose de sérieux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La période Roger Moore est loin d'être ma préférée également mais elle fonctionnait auprès du public de l'époque. Pour beaucoup, James Bond c'est Roger Moore. Combien connaissent les livres de Ian Fleming ? Au mieux, ils savent qu'à l'origine il existent mais ils se fichent de leur contenu.
      Oui, l'arrivée de Timothy Dalton a du en décontenancer plus d'un. Dommage d'ailleurs que des histoires juridiques aient mis fin à sa carrière bondienne car je crois avoir lu que Broccoli le voulait absolument pour les films suivants. Est arrivé quelques années plus tard Pierce Brosnan, une période mi-figue mi-raisin.

      Supprimer
  2. Le raisin, souvent, fut celui de la colère. Celle du spectateur devant des scénarios parfois bien faibles.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Vertige (2011) - Franck Thilliez

J'ai découvert Franck Thilliez  il y a quelques années avec La chambre des morts , polar que j'avais apprécié lire. Plus tard, j'ai lu Train d'enfer pour ange rouge , thriller plutôt bien construit qui plonge le lecteur dans un univers qui se montre de plus en plus effrayant. J'ai achevé la lecture de  Vertige  récemment, son avant dernier livre qui me fait dire que l'auteur s'est amélioré entre ses premières œuvres et celle-ci ; Avec toujours ce goût pour les descriptions de scènes et situations morbides. Jonathan Touvier se réveille au fond d'une grotte glacée. Il est attaché au poignet par une chaîne qui restreint considérablement son champs de déplacement. Il y a son chien aussi, endormi et qui ne tardera pas à sortir du sommeil dans lequel il a été plongé. Deux autres hommes aussi se réveillent dans le même lieu : Farid, qui lui est enchaîné à la cheville et Michel, libre de ses mouvements mais qui a un masque de fer fixé autour de la tête. P...

Les bronzés (1978) - Patrice Leconte

Vu, revu et re-revu, critiqué ou adulé, commenté, sur-commenté et même analysé,  Les bronzés  est devenu un classique de la comédie française. J'ai eu envie de le revoir avant la fin de la période estivale, période évidemment idéale pour apprécier un tel film. Je ne regarde quasiment plus les films dans le cadre d'une diffusion télévisée et c'est donc en 2006 que j'avais revu le film en DVD avant la sortie du mal aimé  Les bronzés 3 Amis pour la vie . J'avais également revu dans la foulée le deuxième. Je ne suis pas de ceux qui connaissent le film par coeur et qui sont capables de débiter toutes les répliques définies comme cultes sans aucune approximation au cours d'une soirée. " C'est bon, on a compris, si je veux entendre tout ça, je regarderai le film à l'occasion, les acteurs ont quand même un peu plus de talent que toi, Audrey  " (je précise que je ne connais aucune Audrey). Le problème dans ce genre de situation est qu'on ne veu...

Malevil (1981) - Christian de Chalonge

Dans mon enfance, il y a quelques films qui m'ont marqué mais pour chacun d'entre eux ne me restait qu'une image : un être amphibie nageant au fond d'un lac ( The creature from the black lagoon ), une femme habillée en cow-boy face à des hommes menaçants ( Johnny Guitar ), un homme qui retire un masque pour révéler un visage de femme qui rit en regardant des voitures s'éloigner de son manoir ( Murder by death ), une communauté vivant dans les catacombes de Paris ( Les gaspards )  et enfin un décor apocalyptique où tentent de survivre une poignée de personnes ( Malevil ). Ces long-métrages étant loin de bénéficier d'une diffusion télé annuelle, les occasions de les revoir furent nulles et leur souvenir se perdit dans les tréfonds de ma mémoire pour se résumer à ces quelques images. Pourquoi ceux-là ? Leur originalité propre a dû marquer mon imaginaire. Avec l'apparition du dvd et constatant la sortie de titres rares et oubliés, ces films remontèrent à la...