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Articles

Coogan's bluff (1968) - Don Siegel

La collaboration Don Siegel / Clint Eastwood a donné un chef d’œuvre, The beguiled, et l'un des plus célèbres et controversés polars, Dirty Harry. D'autres films les réunissent dont ce Coogan's bluff de 1968. Clint Eastwood y interprète Walt Coogan, un shérif de l'Arizona envoyé à New-York pour récupérer et ramener un détenu. Bien sûr, la mission qui lui a été confiée ne sera pas de tout repos.
Coogan's bluff n'est pas un long métrage satisfaisant. Face à Clint Eastwood, Don Siegel ne possède pas encore la maîtrise dont il fera preuve par la suite en le filmant (ils feront ensemble cinq films) et la star n'a pas l'entière maturité pour incarner un représentant de l'ordre aux méthodes expéditives, telle qu'il l'aura seulement trois ans plus tard dans Dirty Harry.

Rapidement, Coogan's bluff prend la forme d'une succession de scènes placées pour rythmer un scénario qui ne brille pas par son originalité. C'est très routinier et réali…
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Joe Kidd (1972) - John Sturges

Pour les westerns, John Sturges, c'est Gunfights at the O.K. Corral, Last train from Gun Hill, The magnificent seven ; et Clint Eastwood, c'est l'homme sans nom chez Sergio Leone : Per un pugno di dollari, Per qualche dollaro in più, Il buono, il brutto, il cattivo.

Lorsque les deux se retrouvent dans le même générique, cela donne... Joe Kidd... un western totalement anecdotique.
L'histoire oppose des mexicains à des colons américains qui s'approprient leurs terres. Joe Kidd ( Clint Eastwood) se voit contraint de poursuivre le chef des rebelles mexicains, un certain Chama (John Saxon).
Le propos du film est clairement en faveur des mexicains opprimés. Les représentants de l'ordre américain sont dépeints comme de vrais salopards, Franck Harlan (Robert Duvall) en tête. L'idée de départ, quoi que classique, n'est pas inintéressante mais l'ensemble est loin d'être convaincant.
Un certain nombre de défauts et d'insuffisances réduisent l'inté…

Rêver (2016) - Franck Thilliez

"D'une main tremblante, Abigaël Durnan sortit une Marlboro de son paquet et la planta entre ses lèvres. Le déclic provoqué par le briquet Zippo monopolisa son attention. Elle ne fumait pas, mais elle avait appris  à voir, écouter, sentir comme nul autre, et cette fois encore, chaque détail de son environnement revêtait son importance. Autour d'elle, le triage-lavoir abandonné brûlait. Les flammes rouges couraient comme des dizaines de diables le long des murs crasseux. Ils croquaient les poutres usées, jonglaient avec les braises, crachaient leurs rouleaux de fumée noirâtre. Plus aucun moyen de redescendre par l'escalier en feu ni aucune autre issue. Abigaël se retrouvait piégée ici, à plus de quinze mètres de haut au milieu de nulle part, et personne n'entendrait ses cris. Bientôt, elle brûlerait vive. "
Avant la première page de son nouveau thriller, Franck Thilliez prévient le lecteur : il y a des précautions à prendre, comme prêter attention à une petite …

Les westerns de Sergio Sollima

L'histoire du western italien veut qu'il y ait trois Sergio représentatifs du genre : Sergio Leone que l'on ne présente plus tant sa renommée a traversé les frontières et les années, Sergio Corbucci dont la noirceur a marqué et marque encore aujourd'hui ceux qui s'intéressent à lui, un nombre  qui a peu à peu grandi au fil des années et enfin, Sergio Sollima qui n'aura livré que trois westerns transalpins : La resa dei conti, Faccia a faccia et Corri uomo corri.
Ma découverte de ces films est récente. Selon quelques articles que j'avais lu bien avant de les regarder, les westerns de Sergio Sollima faisaient état d'un propos politique dans leur façon de prendre parti pour les faibles face aux puissants.
Dans La resa dei conti (1966), Jonathan Corbett (Lee Van Cleef), chasseur de primes candidat aux élections sénatoriales, se lance dans la traque de Cuchillo (Tomas Milian), accusé du viol et du meurtre d'une fillette. Avec Faccia a faccia (1967), un en…

The dead pool (1988) - Buddy Van Horn

Cinquième et dernier volet de l'inspecteur Harry, on ne peut pas dire que The dead pool soit une franche réussite.
Le format 2.35:1 est abandonné pour un 1.85:1 moins immersif, d'autant plus que la photo adopte des couleurs lui donnant un aspect téléfilm. L'idée de base au scénario, une liste noire tentant de prévoir les prochains morts parmi des célébrités dont Harry Callahan, n'est pourtant pas inintéressante mais méritait des développements plus poussés que cet alignement de scènes convenues illustrées par une mise en scène sans grande imagination. Submerge, finalement, une poursuite avec une voiture miniature téléguidée rempli d'explosifs ; mais un peu idiote, il faut bien le reconnaitre.

Le personnage de l'inspecteur est aussi considérablement lissé. Affublé d'un adjoint asiatique et suivi au quotidien par une femme journaliste, on s'attend à quelques remarques scandaleuses et aigries mais rien ne viendra froisser les oreilles attentives au moindr…

Sudden impact (1983) - Clint Eastwood

Dans la continuité des trois précédents opus, Harry Callahan (Clint Eastwood) est sans cesse en lutte contre toutes sortes de délinquants et perpétuellement en confit avec l'administration et ses exigences procédurales ; ce qui donne quelques scènes plus ou moins amusantes à suivre ; et pareillement, il y a une trame centrale : nous assistons à ce qui semble être une quête vengeresse menée par une troublante femme blonde (Sondra Locke) qui élimine successivement différents hommes.

La blonde en question, nommée Jennifer Spencer, assassine les auteurs de deux viols, le sien et celui de sa sœur, qui se sont déroulés plusieurs années auparavant, au cours d'une soirée qui a viré au cauchemar.

Harry Callahan qui enquête sur ces meurtres découvrira les raisons de la vengeance de Jennifer Spencer et c'est là que surgira à nouveau toute l'ambiguïté du personnage, celle des deux premiers films. L'inspecteur fera en sorte qu'elle reparte libre. Ainsi, il se substitue à …

Deliria (1987) - Michele Soavi

Deliria, plus connu en France sous le titre de Bloody bird (allez comprendre la logique des traductions) avait marqué les amateurs du genre à sa sortie.

Des comédiens répétant une comédie musicale dans un théâtre se trouvent confrontés à un tueur en série qui les élimine un par un à coups de couteaux, haches, perceuses et autres objets détournés de leurs fonctions d'origine.

Après avoir revu le film de Michele Soavi récemment, le constat est plutôt à la déception. Le film de Michele Soavi a vieilli. C'est plutôt cruel d'écrire cela car le metteur en scène  ne se contente pas d'aligner platement les meurtres comme n'importe quel tâcheron. La comédie musicale répétée s'inspire des agissements de Irving Wallace, le même tueur qui les décime les uns après les autres et en cela, Deliria propose une sorte de mise en abyme intéressante et un propos qui se distingue de n'importe quelle production horrifique des années quatre-vingt.

Il est donc plutôt cruel de rédig…