Accéder au contenu principal

Casino Royale (2006) - Martin Campbell


A l'annonce de l'arrivée de Daniel Craig dans le rôle de James Bond, je dois bien reconnaitre que j'étais dubitatif, l'acteur étant physiquement très éloigné de son prédécesseur, Pierce Brosnan. Je n'ai pas voulu préjuger avant de voir Casino Royale et à la fin du film, un constat s'imposait : Daniel Craig est James Bond ; et aujourd'hui, après quatre films, je peux affirmer qu'il en est même le meilleur interprète. Je me souviens des commentaires désobligeants, parfois violents et agressifs, dont il a fait l'objet au moment de la sortie de ce film. C'était parfaitement injuste.

D'ailleurs aujourd'hui, où sont passés les auteurs de cette diatribe ? Ils ont commencé à se calmer après la sortie de Casino Royale, ont tenté de revenir à la charge au moment de Quantum of solace (car il est vrai que c'est une déception pour beaucoup de monde) et se sont définitivement tus face à la réussite, tant artistique que commerciale, que représente Skyfall ; et SPECTRE récemment sorti confirme l'indéniable apport de Craig à 007.

Casino Royale emprunte la voie ouverte par Batman begins l'année précédente. Il s'agit d'un reboot, un concept plutôt nouveau il y a à peine dix ans et c'est ce qui pouvait arriver de mieux au personnage de Ian Fleming. En effet, après quarante ans d'aventures au compteur, il devenait difficile de les rendre cohérentes entre elles et de donner à James Bond un passé crédible et solide.

Laissons donc de côté les films précédents et repartons de bon pied, au moment où James Bond obtient son matricule 007. Et pour mettre en scène ce nouveau départ, quoi de mieux que le premier livre écrit par Ian Fleming dont EON venait seulement de récupérer les droits (situation paradoxale due à des conflits juridiques remontant aux années cinquante expliquant la modeste adaptation télévisuelle de 1954 et une lourdingue parodie cinématographique de 1967) ?

Casino Royale se veut fidèle au roman d'origine. Bien sûr, le propos a été actualisé, des ajouts ont été insérés mais la trame est bel et bien là, à tel point que j'ai anticipé l'arrivée d'un des éléments clés de l'intrigue révélé dans le dernier acte du film. Ce ne fut en rien une déception, bien au contraire, car après les délires de Die another day, James Bond opérait un intéressant retour à Fleming. C'est d'ailleurs là que l'idée de le relire a commencé à germer dans mon esprit et que j'ai concrétisée par la suite, en témoignent les différents sujets consacrés à chacun de ses livres dans ce blog.

Revoir Casino Royale après SPECTRE est une expérience intéressante car le dernier James Bond en date effectue un lien entre tous ceux où joue Daniel Craig. Je ne suis pas certain que cette idée était prévue dès 2006 mais elle offre une nouvelle grille de lecture à la période Craig et permettra peut-être de reconsidérer à la hausse le décevant Quantum of solace. On se dit constamment que derrière tout cela se cache en réalité l'organisation criminelle SPECTRE et son chef suprême, Ernst Stavro Blofeld, c'est-à-dire l'ultime ennemi de James Bond (cf. les livres de Ian Fleming où l'espion affronte le SPECTRE et les premiers films avec Sean Connery et George Lazenby).

Le film est récent mais une nouvelle fois j'ai été surpris par la qualité de l'image du Blu-ray, découvrant des détails encore jamais observés sur les précédents supports (cinéma, DVD) au sein d'une harmonie de couleurs très agréable. Un vrai plaisir, une fois de plus.

Commentaires

  1. Je suis persuadé que le cinquième Craig, qui sortira un jour, "verrouillera" en quelque sorte l'ensemble de cette période. On observera alors avec le recul nécessaire ce qu'il aura apporté : tout. Tout ce qui aura été nécessaire pour que Craig devienne l'acteur numéro 1, devançant même Sean Connery (à ceci près que Connery demeurera le créateur du rôle, évidemment), et pour que la série puisse être relancée, effaçant par la force et la modernité de la période Craig tout ce qui aura été fait auparavant. Bravo.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'idée d'un "verrouillage" me plait assez. La période Craig est la plus intéressante, indéniablement.

      Supprimer
  2. Hello Gaspard,
    je suis tombé par hasard sur ton blog, j'en tiens un ouvert depuis la parution de mon 1er bouquin sur le tournage en Suisse de "Au service secret de Sa Majesté" également sur blogspot... j'ai cliqué sur "blog suivant" et je suis tombé sur le tien!
    je fais également parti du CJBF, je me demande si -à te lire- on ne s'est pas croisé à l'avant première de SPECTRE à Paris...
    Amitiés bondiennes

    Pierre H.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Pierre H,
      Non, je ne suis pas allé à l'avant première de SPECTRE à Paris.
      Quoi qu'il en soit,
      Bienvenue ici !

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

War for the planet of the apes (2017) - Matt Reeves

Le premier film de 2011 était très bon, le deuxième s'est révélé être une déception, celui-ci ne m'a pas franchement convaincu. Les premières minutes m'ont mis en confiance mais le soufflé est assez vite retombé.
Nous parlons de guerre entre les humains et les singes pour la domination de la terre mais aucun enjeu planétaire ne nous est illustré. Du début à la fin, nous restons dans un périmètre restreint où Woody Harrelson joue les Marlon Brando du pauvre dans Apocalypse now et où le spectateur est barbé par une jeune fille qui passe son temps à donner de l'eau à des singes emprisonnés.
Il y a bien des tentatives de développements scénaristiques, les humains qui peu à peu perdent leur humanité alors que les singes font de plus en plus preuve d'empathie, mais c'est nettement insuffisant. On se réveille un peu à la fin où un combat s'engage, militaires contre simiens. C'est trop court, voilà le générique de fin.
La 3D est plutôt bonne.

La maison de Gaspard a 6 ans

Six années que je mets en ligne des articles ; pour le plaisir.
Il y eut une première période essentiellement marquée par ma relecture des Fleming, suivie d'une autre consacrée principalement à un nouveau visionnage des James Bond, cette fois en Bluray, dévoilant ainsi des détails dans les films que je n'avais jamais remarqués. Il y eut aussi la lecture régulière des comics The walking dead, une série qui n'est pas encore achevée et qu'il faudra bien que je reprenne un jour ou l'autre. C'est aussi l'occasion de rédiger quelques impressions et avis sur les polars et thrillers que je lis, un genre qui me plait énormément.

Je me suis rendu compte également grâce aux libellés que j'accroche aux publications que les westerns tenaient une place assez conséquente parmi les longs métrages que je peux regarder. Je n'imaginais pas que ce genre occupait un tel intérêt chez moi ; et il me reste encore quelques cowboys à chroniquer.

Faire un tel exercice a chan…

24 - saison 8

Jack Bauer (Kiefer Sutherland) profite de sa retraite pour squatter le domicile de sa fille Kim à New-York et jouer au papy gâteau auprès de sa petite fille. Seulement, un complot va le contraindre à reprendre du service au sein de la cellule antiterroriste alors que parallèlement, la présidente américaine est sur le point d'obtenir un accord sur le nucléaire avec le dirigeant d'un pays fictif du Moyen Orient.

Une huitième saison assez laborieuse dans l'ensemble où trop souvent les personnages décident d'une action à mener puis se ravisent dans l'épisode suivant quand ce n'est pas dans le même. Dès le début, on ennuie le téléspectateur avec des intrigues secondaires sans grand intérêt conduisant à des scènes absurdes à l'image de ce contrôleur judiciaire qui va et vient dans les locaux de la cellule antiterroriste alors que son personnel tente par tous les moyens de contrôler une menace d'attentat des plus tendues. C'est à la fois énervant et risib…