Accéder au contenu principal

Durango - Tome 10 : La proie des chacals

Dans ce dixième tome, Durango est confronté à des proxénètes qui enlèvent des indiennes pour leurs établissements à la frontière mexicaine. Le réseau est contrôlé et dirigé par des représentants de la loi et des notables avec à sa tête un certain Alonzo. Dès le début, Durango a des ennuis avec eux pour avoir liquidé quelques hommes de main de la bande mais ce geste lui attirera la sympathie et l'aide d'un Navajo à la recherche de sa compagne disparue au sein du réseau.

La proie des chacals m'a paru plus violent que les précédents albums notamment en raison de l'arme qu'utilise systématiquement l'indien, un poignard, pour transpercer l'abdomen des ennemis ou pour leur trancher la gorge. Yves Swolfs n'hésite jamais à dessiner des effusions de sang bien écarlate.

L'histoire, sans temps mort, se conclut par l'avancée meurtrière de Durango et du Navajo dans les rangs d'Alonzo jusqu'à ce qu'ils retrouvent la compagne de l'indien.

Le dessin est toujours de qualité mais les détails m'ont cette fois paru moins travaillés. Le résultat est que le graphisme tend à se lisser, lui faisant perdre un peu de sa personnalité alors qu'il s'agissait de la force des premiers albums.

Je n'ai cette fois pas remarqué de références à un western en particulier, peut-être y en a t-il ? Je dirais simplement que le thème de l'album s'inscrit dans cette vague post classique (c'est-à-dire après les westerns des années cinquante) où les cinéastes américains prenaient conscience que les indiens n'étaient pas nécessairement les sauvages dépeints pendant de nombreuses années dans leur cinéma. Je pense par exemple à ce film que j'ai vu il y a plus de vingt ans (et que j'aimerais revoir un jour) réalisé par le tendancieux Michael Winner, Chato's land (titre français : Les collines de la terreur), où un Apache joué par Charles Bronson venge le viol et le meurtre de sa femme commis par un groupe de cowboys.

De ce dont je me souviens, en prenant fait et cause pour un indien et sa compagne, et par le traitement de son histoire, La proie des chacals me semble s'inscrire dans le même registre que Chato's land.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le père Noël est une ordure (1982) - Jean-Marie Poiré

L'année dernière, à l'approche de Noël, j'avais choisi de chroniquer The Polar express, que je venais de découvrir en Blu-ray 3D. Pour 2012, changement de registre puisque j'ai opté pour Le père Noël est une ordure. J'ai souvent entendu les gens affirmer qu'ils préféraient la pièce de théâtre, personnellement je préfère le film. En effet, on trouve des ajouts de personnages, de situations et de dialogues dans le film qui sont aussi drôles que l'ensemble des éléments provenant directement de la pièce.
En arrivant pour leur permanence du réveillon de Noël, les bénévoles de l'association SOS détresse amitié n'ont aucune idée de la nuit agitée qu'ils vont vivre. Les catastrophes vont s'enchaîner les unes après les autres jusqu'au petit matin.
Ils étaient drôles les membres de l'équipe du Splendid (Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, etc.), il y a 30 ans. Ils étaient jeunes, neufs et apportaient un souffle nouveau en dépou…

Kokuriko zaka kara (2011) - Goro Miyazaki

"Les dessins animés japonais qui sont exécrables, qui sont terribles". Cette affirmation est de Ségolène Royal, formulée au cours de l'émission Midi 2 (extrait visible sur le site de l'ina ICI) en 1988 alors qu'elle venait défendre un amendement législatif pour la protection des enfants concernant la violence dans les programmes de télévision. Il y aurait beaucoup à dire sur le conservatisme, la condescendance, les préjugés et même une certaine forme de populisme qui l'animent pendant ce moment mais j'en resterai au sujet qui m'intéresse de développer ici, à savoir ces fameux dessins animés japonais. Elle a continué en 1989 dans un livre, Le ras-le-bol des bébés zappeurs, où elle s'en prend toujours à ces dessins animés japonais où elle n'y voit que la pire expression de la violence au sein d'histoires minimalistes et forcément la cause de tous les maux qui traumatisent la jeunesse française. Les politiques ne sont jamais responsables de …

Le premier miracle (2016) - Gilles Legardinier

"Il faisait nuit, un peu froid. D'ordinaire, M. Kuolong n'aimait pas attendre. Pourtant, ce soir-là, patienter le rendait presque heureux. Voilà bien longtemps que ce quinquagénaire mince au regard d'adolescent n'avait pas éprouvé cela. Surtout vis-à-vis de quelqu'un.
Au premier étage de sa résidence américaine, devant la baie du salon dominant son immense propriété, il scrutait le ciel. Ce dîner s'annonçait important. Essentiel même. Pour une fois, cela n'aurait rien de professionnel, bien au contraire. Il y voyait cependant davantage d'enjeux que lors de ses récentes prises de contrôle de compagnies électroniques. Ce soir, c'était sa part la plus intime qui espérait trouver un écho." 

Je pense savoir pourquoi mes parents m'ont offert Le premier miracle de Gilles Legardinier. Il y a quelque chose qui relève de l'imagerie bondienne dans la couverture. Cette femme en tailleur, pistolet à la main et cet homme en costume accoudé à son…