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The man with the golden gun (1974) - Guy Hamilton


Après la blaxploitation (Live and let die), c'est derrière les films de karaté que court The man with the golden gun. Alors que le roman se situe en Jamaïque, l'action est ici transposée en Asie et l'histoire a été considérablement remaniée. De l'intrigue simple mais efficace écrite par Ian Fleming, l'affrontement James Bond/Francisco Scaramanga est ici parasité par divers éléments sans grand intérêt comme l'intrigue qui tourne autour du Sol-X, un petit appareil qui permettrait d'utiliser l'énergie solaire à la place du pétrole. Il est vrai que le premier choc pétrolier est passé par là entre temps mais dans le contexte de l'histoire ici, c'est  franchement hors sujet. Il faut aussi supporter un Nick Nack (Hervé Villechaize) qui braille et rit à tout va, une Mary Goodnight (Britt Ekland) qui représente la caricature de la James Bond girl bête et jolie et qui sera littéralement mise au placard par James Bond pour qu'il puisse accueillir dans son lit Andrea Anders (Maud Adams), l'amante de Scaramanga (est-il besoin de souligner la bêtise d'une telle situation dans un James Bond ?). Le film est aussi alourdi par un humour parfois à la limite du graveleux et surtout par le retour impromptu de l'insupportable shérif J. W Pepper accompagné cette fois de sa stupide bonne femme.

Que penser également de cette voiture volante pilotée par Scaramanga avec Mary Goodnight enfermée dans le coffre qu'elle ouvrira en plein vol ? C'est n'importe quoi.

Concernant les scènes de kung-fu, ce James Bond n'a pas représenté une concurrence sérieuse au genre tant la plupart des combats que l'on peut voir semblent sortis des plus mauvais représentants de la catégorie.

On aurait pu se réjouir du retour de John Barry à la bande originale mais il livre l'une de ses plus mauvaises compositions. La chanson titre interprétée par une certaine Lulu, une ancienne chanteuse disco-pop totalement oubliée depuis un bon moment déjà, est difficilement écoutable.

Au milieu de cette catastrophe, The man with the golden gun offre pourtant une cascade franchement surprenante : la rotation d'une voiture à 360 degrés alors qu'elle décolle au-dessus d'une rivière pour retomber de l'autre côté sur ses quatre roues ; et évidemment, il n'y a aucune manipulation numérique, le saut a été effectué en réel. Mais pourquoi avoir gâché la surprise par un ridicule bruit de sifflet ?

Malgré cette longue liste d'éléments parasites (et il y en a encore beaucoup d'autres), on peut quand même affirmer qu'avoir confié le rôle de Francisco Scaramanga à Christopher Lee était une bonne idée (peut-être la seule du film d'ailleurs), le charisme de l'acteur constituant une parfaite opposition à ce que représente désormais James Bond. Roger Moore semble plus à l'aise également, moins encombré par le costume de l'agent secret ; mais pourquoi avoir de nouveau choisi Guy Hamilton pour la mise en scène ? En effet, celui-ci se montre plus mauvais que jamais dans un format 1,37:1 dépassé. De toute façon, vu le peu de talent du réalisateur, il n'y a pas grand chose à filmer en cinémascope.

Concernant le bluray, la qualité de l'image ne déroge pas à la règle constatée depuis Dr No, elle est tout simplement très belle.


Commentaires

  1. L'Homme au pistolet d'or aurait pu donner un film simple, sec, âpre. Comme le roman. Cruel comme Francisco "Pistol" Scaramanga. Un film "sans graisse", comme on ne disait pas encore. Au lieu de cela, c'est un film gras, compliqué, même pas acidulé. Voilà ce que c'est que de vouloir toujours courir après l'actualité pour que les Bond ne se démodent pas. Ici, la recherche de nouvelles énergies.
    Oui, le choix de Christopher Lee était une bonne idée, mais il y a malheureusement Moore, en face de lui. Et puis, il y a aussi le fait que, décidément, avec Pepper, on sombre non seulement dans l'imbécillité mais surtout dans la vulgarité. Or, l'univers de Fleming n'est jamais vulgaire, en aucun cas. En cela, L'Homme au pistolet d'or est un contresens.

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  2. Un film "sans graisse", voilà une expression que je ne connaissais pas. Les deux premiers Moore sont détestables, vulgaires oui. Quel gâchis !

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