Accéder au contenu principal

High plains drifter (1973) - Clint Eastwood

High plains drifter est la deuxième réalisation de Clint Eastwood et bien qu'il se soit amélioré au fil des années par la suite, je me demande si parmi tous les films dont il a assuré la mise en scène, ce n'est pas celui-ci mon préféré. L'acteur-réalisateur reprend son rôle de l'homme sans nom popularisé par les westerns de Sergio Leone (Per un pugno di dollari, Per qualche dollaro in più et Il buono, il brutto, il cattivo) en lui ajoutant une dimension plutôt maléfique.

Les habitants de Lago, une ville dont la construction semble s'être interrompue en cours de route, voient arriver un étranger (Clint Eastwood) tout de sombre vêtu sur un cheval qui semble crasseux. A peine là, il abat  plusieurs personnes qui le défient et viole une femme qui le provoque. Dès les premières minutes, il y a un sérieux malaise avec cet étranger sorti de nulle part et dont le sommeil est perturbé par le cauchemar d'un homme se faisant fouetter à mort et dont les appels à l'aide sont ignorés par ceux qui l'entendent. Parallèlement, on assiste à la sortie de prison de trois hommes qui ont, semble t-il, un compte à régler avec Lago. Les habitants de cette ville savent qu'ils vont revenir. Ils vont alors se tourner vers l'étranger pour demander sa protection malgré ce qu'il a fait, chose qu'il acceptera. C'est en réalité le début pour eux d'un quotidien infernal qui changera à jamais leur vie.

Je ne dirai jamais assez l'importance qu'il y a à regarder les films dans leur version originale. En effet, le doublage français, par une petite phrase ajoutée à quelques minutes du générique de fin, change complètement le sens de High plains drifter.

Attention, spoilers importants et essentiels sur le final

Alors que l'étranger quitte Lago, il s'arrête à la hauteur de Mordecai (Billy Curtis), un nain qui habite la ville  et qui met les tombes du cimetière en peinture. Voici leur conversation en VO :
Mordecai : "I never did know your name"
L'étranger : "Yes you do"
Mordecai a une réaction de surprise.
L'étranger : "Take care"
Mordecai : "Yes sir captain"
Nous découvrons ensuite le nom que Mordecai était en train d'inscrire sur la pierre tombale : Jim Duncan, le shérif lynché par les trois malfrats attendus par l'étranger et dont le lynchage hante son sommeil. Ainsi, il s'agit du fantôme de Jim Duncan venu punir son violent assassinat en tuant les responsables directs, les trois bandits, ainsi qu'en malmenant les habitants de Lago en raison de leur lâcheté.

Dans la VF, voici ce qu'on entend :
Mordecai : "J'ai jamais su votre nom"
L'étranger : "C'est celui que tu graves" puis au bénéfice d'un plan sur Mordecai est ajouté : "Celui de mon frère".
Ainsi, l'étranger n'est plus un fantôme venu venger sa propre mort mais le frère du shérif qui aurait décidé de faire justice lui-même. Un ajout idiot tant ce western comporte de nombreux symboles et allusions à l'au delà et à l'enfer. La ville repeinte en rouge est certainement l'une des plus saisissantes.

Fin des spoilers

Je m'étais promis de ne pas prendre à nouveau en bluray des films que j'avais déjà en DVD (parce que repasser à la caisse, ça va bien un temps) mais il a bien fallu que je fasse des exceptions, d'abord pour les James Bond (le très beau coffret BOND 50 dont la restauration de l'image et du son est magnifique) mais aussi pour High plains drifter dont l'image en DVD n'était pas des plus convaincantes. Celle du bluray est splendide.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Licence to kill (1989) - John Glen

Licence to kill est le premier James Bond que j'ai vu au cinéma. A l'époque, j'avais été un peu déçu, le canevas scénaristique étant similaire à de nombreuses productions cinématographiques des années quatre-vingts, à savoir une histoire de vengeance sur fond de trafic de drogue. Depuis, je l'ai revu à la hausse. En effet, bien qu'il s'agisse pour la première fois d'un titre non issu des écrits de Ian Fleming, il me semble plutôt fidèle à l'esprit du créateur de James Bond. Il s'inspire d'ailleurs d'éléments qui avaient été ignorés dans les précédentes adaptations, en premier lieu la mutilation de Felix Leiter ( David Hedison ), jeté dans la mâchoire d'un requin, événement dramatique qui intervient dans le roman Live and let die mais entièrement ignoré dans sa pitoyable adaptation de 1973 . Dans Licence to kill , Leiter est jeté au requin alors qu'il vient tout juste de se marier. Parallèlement, Della, son épouse, sera t...

Skyfall (2012) - Sam Mendes

Me rendre au cinéma pour découvrir le nouveau James Bond est une démarche qui se démarque de toutes les autres fois où je vais en salle. Dans un an, cela fera 25 ans que je me passionne pour ce personnage. Pour ses 50 ans de cinéma, l'espoir de vivre quelque chose d'excitant est plus intense que jamais. Sur la route, au volant de la voiture, je fais un dernier point. A l'exception de Away we go , j'ai vu tous les films de Sam Mendes  qui met ici en scène son premier Bond. J'ai aimé chacun de ses films et savoir que ce n'est pas juste un "faiseur" derrière la caméra est certainement ce qui m'emballe le plus. Il y a Daniel Craig  aussi bien sûr. Instantanément James Bond dans Casino Royale , il sauve à lui seul Quantum of solace  de la totale insipidité grâce à son jeu intense. Lorsque j'ai su que c'était Javier Bardem  qui incarnait l'ennemi du film, j'ai exprimé un "wahou" béat tant j'avais encore en tête son in...

Le Touquet - British Week : Week-end James Bond des 8 et 9 octobre 2011

Palais des Congrès - Entrée Pour la deuxième fois, Le Touquet organise la British Week. Débutée le samedi 8 octobre, elle s'achève dimanche prochain. La station se met "à l'heure anglaise" comme le proclame la municipalité. Cette année a été organisé un Week-end James Bond avec le Club français de l'agent secret britannique et plusieurs invités. Ceux qui me connaissent savent que je suis un mordu du personnage depuis pas mal d'années, depuis que j'ai 14 ans en réalité lorsque j'ai vu le tout premier James Bond, "Dr No". J'apprends ainsi qu'une conférence sur Ian Fleming  animée par un certain Jacques Layani, auteur de On ne lit que deux fois aura lieu au Palais des Congrès le samedi matin. L'après-midi est prévue la diffusion de "Tuer n'est pas jouer" suivi d'un entretien avec John Glen et Maryam d'Abo qui  sont respectivement le metteur en scène (ainsi que de quatre autres James Bond) et ...