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Les bronzés (1978) - Patrice Leconte

Vu, revu et re-revu, critiqué ou adulé, commenté, sur-commenté et même analysé, Les bronzés est devenu un classique de la comédie française. J'ai eu envie de le revoir avant la fin de la période estivale, période évidemment idéale pour apprécier un tel film. Je ne regarde quasiment plus les films dans le cadre d'une diffusion télévisée et c'est donc en 2006 que j'avais revu le film en DVD avant la sortie du mal aimé Les bronzés 3 Amis pour la vie. J'avais également revu dans la foulée le deuxième.

Je ne suis pas de ceux qui connaissent le film par coeur et qui sont capables de débiter toutes les répliques définies comme cultes sans aucune approximation au cours d'une soirée. "C'est bon, on a compris, si je veux entendre tout ça, je regarderai le film à l'occasion, les acteurs ont quand même un peu plus de talent que toi, Audrey " (je précise que je ne connais aucune Audrey). Le problème dans ce genre de situation est qu'on ne veut vexer personne, on attend donc poliment et patiemment que les personnes en question en ont fini avec l'étalage de leurs splendides connaissances cinéphiliques.

Si l'on aime réciter ces dialogues, c'est parce que n'importe qui peut en être l'auteur dans sa vie quotidienne. On peut être aussi prétentieux que Jérôme (Christian Clavier), aussi pincée et coincée que Christiane (Dominique Lavanant) ou aussi ridicule que Jean-Claude Dusse (Michel Blanc). D'ailleurs, les membres de l'équipe du Splendid ont reconnu sans problème s'être inspiré de vrais vacanciers du Club Med où ils ont fait quelques représentations. Avec leur physique de monsieur et madame tout le monde, le public peut facilement s'identifier aux bons et mauvais côtés des personnages, surtout les mauvais. Les bronzés marque à l'époque l'arrivée d'un humour moderne qui renvoie doucement à la retraite les facéties irréelles d'un Louis de Funès qui occupait la première place du cinéma comique depuis les années 60. Là où il incarnait des personnages "hors-normes", un important industriel dont l'ancêtre revenait après une congélation forcée, un commissaire de police à la poursuite de Fantômas ou encore un gendarme qui court après les nudistes, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko et consorts incarnent les nudistes en quelque sorte ; A l'image de Christian Clavier qui se balade en string avec les poils qui ressortent et citant des tirades de Saint-John Perse pour séduire les femmes. Entre les deux genres, il y a bien eu la tentative des Charlots d'apporter du sang neuf avec leur liberté d'esprit et de ton mais ils ne jouaient finalement que des bidasseries toutes aussi invraisemblables entre leurs parodies de James Bond (Bons baisers de Hong-Kong) et de films d'épouvante (Les Charlots contre Dracula).

Ce qui m'a surtout frappé cette fois, c'est la mise en scène ou plutôt l'absence de mise en scène. Patrice Leconte se contente de poser sa caméra et de filmer parfois de façon maladroite des acteurs qui semblent souvent improviser. On peut remarquer à plusieurs reprises un regard vers la caméra et même les acteurs qui s'empêchent de pouffer de rire. Globalement, l'ensemble est toujours amusant, un peu acide par moments, parfois grinçant mais jamais franchement méchant. C'est toujours un agréable moment de détente, ni plus ni moins. Je préfère nettement Les bronzés font du ski, plus drôle, plus méchant et mieux mis en scène.


Lien vers mon article Les bronzés font du ski

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