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Duel at diablo (1966) - Ralph Nelson

Au mois d'août de l'année dernière, je me réjouissais d'avoir enfin pu découvrir Soldier blue, un western de 1970 mis en scène par Ralph Nelson, grâce à  sa récente sortie en DVD. 25 ans que j'en entendais parler, quasiment toujours de façon positive et je ne l'avais jamais vu. En revanche, je connaissais Duel at diablo du même metteur en scène avec James Garner et Sidney Poitier dont le dvd date déjà de 2004. Impossible de l'oublier, c'est le premier film que j'ai enregistré en 1986 avec le premier magnétoscope de la maison. Il est intéressant de constater qu'avant même Soldier blue, Ralph Nelson avait déjà abordé des thèmes similaires, à commencer par celui du sort des indiens d'Amérique au XIXème siècle.

L'histoire est celle d'un détachement de cavalerie qui se rend à Fort Concho sous le commandement de l'ambitieux lieutenant Scotty McAllister (Bill Travers). Se joignent au convoi Toller (Sidney Poitier)  dont un contrat l'oblige à débourrer durant le voyage des chevaux qu'il a vendu à l'armée, Willard Grange (Dennis Weaver) qui veut profiter de la protection des militaires pour un transport de marchandises et Jess Remsberg (James Garner). Ce dernier, qui a sauvé la vie de Ellen, la femme de Grange qui était poursuivie par deux apaches, sert d'éclaireur à la cavalerie mais il veut surtout se rendre à Fort Concho pour mettre la main sur le marshal Clay Dean (John Crawford) soupçonné d'être le tueur de sa femme comanche. Le détachement doit traverser le territoire de Chata (John Hoyt), chef d'une tribu apache qui a quitté sa réserve et entend mener le combat contre les blancs dont il estime qu'ils ont trahi plusieurs de leurs engagements.


Je dois le reconnaître, malgré l'effet nostalgie qui joue quand je regarde le film et qui a encore joué quand j'ai à nouveau mis le dvd il y a quelques jours, Duel at diablo ne fait pas partie du haut du panier des westerns américains. La plupart des acteurs ont tendance à surjouer et on peut se rendre compte que le budget du film n'est pas toujours à la hauteur des ambitions de Ralph Nelson dont la mise en scène manque un peu de personnalité.

Pour autant, Duel at diablo possède d'intéressantes et indéniables qualités à commencer par la représentation qui est faite des indiens. Si celle-ci est moins avantageuse que celle illustrée dans Soldier blue quatre ans plus tard, Ralph Nelson nous fait comprendre que c'est le comportement des blancs vis-à-vis d'eux qui les pousse à reprendre les armes. Est également illustrée l'existence d'unions entre blancs et indiens malgré la réprobation publique. Ainsi, en plus du personnage de Jess qui veut venger l'assassinat de sa femme comanche, Ellen Grange (Bibi Andersson) s'avère être une femme adultère qui a eu un bébé avec le fils de Chata. Viennent s'ajouter des personnages aux profils intéressants.


Ces éléments sont tout-à-fait modernes voire avant-gardistes pour un western américain des années 60. Ils n'empêchent cependant pas Ralph Nelson de dépeindre les apaches comme étant d'impitoyables guerriers qui n'hésitent pas à avoir recours à la torture. De ce fait, les combats peuvent surprendre par leur intensité et certains passages par leur violence.

La fin du métrage n'est pas franchement une happy-end et se conclue sur un échange qui prend position en faveur du peuple indien. Chata et ses hommes sont mis en échec et alors qu'ils sont ramenés dans leur réserve, Ellen Grange demande à Jess Remberg si cette fois ils vont y rester. Celui-ci lui renvoie une autre question : "Why should they ?".


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