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Intouchables (2011) - Eric Toledano et Olivier Nakache

L'un est blanc, riche aristocrate et handicapé, l'autre est noir, pauvre banlieusard et solide. Le premier, par défi, l'engage à son service comme aide à domicile. L'histoire est inspirée d'une situation réelle. Ainsi, tous les éléments sont présents pour nous servir une comédie dramatique bien pensante, à l'humour facile, remplie de clichés et de bons sentiments jusqu'aux procédés tire-larmes les plus éculés. Pourtant rien de tout cela à l'écran. Quand le générique de fin défile, on s'aperçoit qu'on n'a pas vu le temps passer à l'intérieur d'un film qui a su éviter le pathos pendant ses presque deux heures.

Intouchables commence par la course-poursuite en plein Paris entre une Maserati et un véhicule de police. Driss (Omar Sy) est au volant et Philippe (François Cluzet) est assis sur le siège passager. La police les arrête. Driss explique qu'ils vont aux urgences pour son passager handicapé qui est pris d'une attaque cérébrale. La police les escorte alors jusqu'à l'hopital tandis que les occupants de la Maserati rient de leur canular. Comment ces deux personnes qui n'ont rien en commun en sont venus à être de tels complices ? On retourne alors en arrière et on suit l'histoire de leur rencontre.

Très bien écrit, le récit joue évidemment sur ce qui oppose les deux personnages mais sait doser brillament le tragique et le comique, le sérieux et la légèreté avec une facilité et une justesse remarquable et désarmante.

Le casting est irréprochable à commencer bien sûr par le duo de tête. Si François Cluzet a déjà fait ses preuves dans différents genres depuis les années 80 et les fait encore ici, Omar Sy est une vraie révélation. On connaissait son talent comique pas toujours très fin il faut le reconnaitre et qu'il met au service du film, on découvre ici qu'il est capable de faire preuve d'une profondeur saisissante, parfois juste par un seul regard. Il est tout simplement éclatant dans ce film.



Finalement, s'il faut trouver un défaut à Intouchables, c'est son affiche, assez quelconque et peu révélatrice de l'oeuvre qu'elle illustre.

Sorti le 02 novembre dernier, Intouchables cartonne. Certains prévoient même qu'il dépassera ce gros navet de Bienvenue chez les ch'tis. En tout cas, son succès va entrainer une foule de commentaires dans les médias, des études socio-politiques à n'en plus finir, on y lira que c'est parce que dans le contexte de crise, les français veulent croire en une solidarité entre les gens d'origines différentes, qu'ils veulent se retrouver dans des valeurs humanistes et je parie que certains y décèleront un ras-le-bol du sarkozysme. Bref, du blabla qui finira par écoeurer du film parce que tous ces débats et discours oubliront qu'il s'agit d'une histoire unique entre deux hommes dont la rencontre a été une révélation pour l'un comme pour l'autre. Le film permet d'en tirer quelques leçons, à chacun ensuite d'en faire ce qu'il en veut.


Commentaires

  1. Je reviens du cinéma, où je viens de voir Intouchables. Très bon film. Cependant, avec toutes les bonnes, que dis-je excellentes critiques que j'ai lu ou entendu sur ce film avant, je m'attendais peut-être à quelque chose d'un poil meilleur. J'ai passé un très bon moment tout de même.

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  2. Oui, on passe un très bon moment avec ce film qui évite le pathos larmoyant et l'humour facile.

    Vu son succès actuel, j'espère qu'on ne va pas tomber dans les semaines à venir à une overdose de sujets, discours et publicités le concernant et qui risque d'aboutir à son rejet. Ce serait injuste car c'est un vrai bon film.

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