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Mission : Impossible - Ghost protocol (2011) - Brad Bird

La sortie d'un quatrième Mission : Impossible avait de quoi étonner un peu. Le 3ème opus avait moins bien marché que le précédent et Paramount n'avait pas renouvelé le contrat qui le liait à Tom Cruise, l'acteur principal de la franchise, en raison de son comportement que les responsables du studio avaient jugé inacceptable. L'acteur avait en effet menacé la Paramount à propos de la diffusion d'un épisode de South Park qui s'en prenait à l'église de scientologie. Il avait également critiqué Brooke Shields pour avoir pris des anti-dépresseurs pour se soigner d'un baby blues après son accouchement, ce que la scientologie interdit. Mais business is business, Paramount a vite retrouvé foi en Tom et Mission : Impossible - Ghost protocol est sorti en France à la fin de l'année 2011 et en vidéo en mai dernier.

Je ne suis pas un grand admirateur de la série d'origine en laquelle je ne vois qu'une production d'espionnage opportuniste à double titre : Tenter de profiter du succès des films de James Bond et valoriser les Etats-Unis d'Amérique face à des ennemis crypto-communistes. Les producteurs américains n'allaient quand même pas laisser un espion anglais régler à lui seul les problèmes de criminalité et de tension internationales ! Reste que le thème musical de Lalo Schifrin est l'un des plus remarquables du genre et que le rituel "Ce message s'autodétruira dans 5 secondes" est une trouvaille ingénieuse.

Ainsi, je ne fais pas partie de ceux qui ont crié à la trahison lorsque Mission : impossible est sorti au cinéma en 1996 avec Brian de Palma en tant que metteur en scène. Était surtout en cause la nature de Jim Phelps (interprété par Jon Voight), l'éternel chef de l'IMF de la série (joué dans celle ci par Peter Graves) qui devenait ici un traître à sa patrie. A l'image de la série qui surfait sur le succès de James Bond dans les années 60, le film a vu le jour dans la foulée du grand retour de l'agent britannique en 1995 avec GoldenEye après 6 ans d'absence, ce qui ne s'était jamais vu depuis la toute première adaptation de Ian Fleming en 1962. De nouveau, les américains n'allaient pas se laisser piquer la vedette du cinéma d'espionnage par un espion britannique qu'on estimait dépassé.

Je me souviens avoir lu une critique intelligente du magazine Les cahiers du cinéma à propos de ce premier opus où le travail de Brian de Palma était décortiqué, celui-ci jouant admirablement avec les apparences et les images. Brian de Palma est un cinéaste inégal mais malgré le fait que Mission : Impossible soit un film de commande, il fait partie de ce qu'il a fait de mieux et a réussi à mettre en place un suspense constant et tendu du début à la fin.

Mission : impossible (1996)

Malheureusement, alors que la franchise était bien lancée au cinéma, Mission : impossible 2 prendra une direction radicalement différente. Mis en scène par John Woo, ce dernier apporte son style outrancier et exagéré aux scènes d'action, ce qui déconcerte, tant l'ensemble est éloigné du matériel d'origine. C'est souvent à la limite du risible, quand ça ne l'est pas. S'ajoute à cela un scénario assez basique et un Tom Cruise en pleine crise d’ego sur-dimensionné à tel point qu'il est partout même chez les ennemis car ceux-ci utilisent... des masques de Tom Cruise !

Outre le fait que l'ensemble soit trop souvent agaçant, on pourra remarquer une scène de poursuite en voitures qui ne se gêne pas de copier celle de GoldenEye entre James Bond et Xenia Onatopp. En plus du fait que certains plans soient les mêmes, la poursuite repose sur les mêmes ressorts de séduction entre les personnages.

Mission : impossible 2 (2000)

Mission : impossible 3 rectifiera le tir. Réalisé par Jeffrey Jacobs Abrams, il s'agit pour le créateur des séries Alias et Lost de sa première mise en scène pour le cinéma. Il réussit à redonner aux personnages la dimension humaine qu'ils avaient perdue dans l'opus précédent au sein d'un scénario plutôt malin et porté par un casting intéressant. Outre Tom Cruise et Ving Rhames qui rempilent pour la 3ème fois, Laurence Fishburne assure le rôle du chef intransigeant mais ambigu et Philip Seymour Hoffman joue un ennemi qui semble réellement dangereux, presque pervers.

Cependant, ce 3ème film ne va pas au bout de ses idées et une sorte de routine s'installe dans l'enchaînement des scènes d'action et d'infiltration. L'ensemble donne alors l'impression de manquer un peu d'âme et de risques face au cahier des charges que le metteur en scène est tenu de respecter. Un peu dommage.

Mission : impossible 3 (2006)

Je le disais en introduction, Mission : impossible - Ghost protocol était assez inattendu du fait des frasques de Tom Cruise mais aussi parce que son personnage, Ethan Hunt, semblait à la fin du précédent film avoir tourné la page du service actif pour s'en aller profiter de la vie avec sa femme. Or, c'est enfermé dans une prison moscovite que l'on retrouve le personnage alors qu'une équipe est sur le pied de guerre pour le sortir de là. Une fois libéré, Hunt et l'équipe se voient confier une mission, infiltrer le Kremlin pour récupérer le dossier d'un certain Cobalt, un terroriste qui a engagé une tueuse à gage qui a récupéré les codes de lancement d'un ogivé nucléaire. En sortant de la forteresse, une énorme explosion détruit l'un de ces bâtiments. Ethan Hunt et son équipe sont accusés par les russes et les américains d'être les auteurs de l'attentat. Désavoués, ils doivent démontrer qu'ils n'y sont pour rien.

C'est Brad Bird qui est cette fois chargé de la mise en scène et il faut reconnaître que le metteur en scène de The iron giant et  The incredibles s'en est plutôt bien sorti même si le scénario, à l'image du 3ème, prend à nouveau l'allure d'une suite d'infiltrations de lieux extrêmes ou hautement sécurisés. Là où Brian de Palma jouait avec les codes dès le premier film, Brad Bird les illustre simplement mais malicieusement. Malgré tout, le suspense est bien dosé et la réalisation à la hauteur de l'intrigue.

Mission : impossible - Ghost protocol (2011)

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