Accéder au contenu principal

De cœur inconnu (2011) - Charlotte Valandrey

"Paris, novembre 2005

J'ai fait un rêve tenace, obsédant, qui m'aveuglait encore au milieu de la nuit quand je me suis réveillée en hurlant. J'étais morte. Enfin.
Une dernière réplique sismique, deux ans après ma greffe, avait été fatale à mon cœur d'adoption. Un troisième infarctus et le bon, le big one. On ne peut pas survivre à tout.
Au début de mon rêve, tout semblait plus vrai que vrai. La douleur paralysante dans le torse qui gagne tout le bras jusqu'aux doigts raidis, ce glaive enfoncé brutalement en moi, puis l'affaissement, comme si mon corps fondait, et le trou noir, les sirènes lancinantes qui font frissonner ma peau, comme une succession de crissements de craie.
Puis l'agitation dans le centre de soins intensifs de cardiologie et ces tubes d'un coup plantés partout en moi, ces banderilles translucides piquées dans mon corps encore mouvant. Autour de moi un mur d'écrans, des moniteurs de contrôle de vie. Ça ressemble à une régie de télévision. On tourne quoi aujourd'hui? Ta mort. On ne fera qu'une seule prise."
 
La mémoire cellulaire...

Ce que ma compagne m'avait rapporté de sa lecture du livre de Charlotte Valandrey il y a environ deux ans m'avait intrigué : la mémoire cellulaire. Voilà bien un thème dont j'ignorais tout, jusqu'à son existence. J'ai fait des recherches sur internet, lu des articles, il y a les convaincus et les sceptiques mais généralement, on arrive sur des sites qui ne m'inspirent pas confiance.

Il y a quelques mois, la lecture de Angor a réactivé ma curiosité pour le sujet.  Aussi, j'ai voulu savoir ce que Charlotte Valandrey racontait précisément à ce propos.

L'actrice affirme avoir été en proie à des visions et des cauchemars après sa greffe de cœur. Ce que je comprends de la mémoire cellulaire est que les émotions que nous vivons, les joies et les peines, sont enregistrées dans nos cellules avant d'être transmis au cerveau. Ainsi, ce qu'elle vit correspondrait à ce qu'a vécu le cœur de son donneur dans le corps de ce dernier, principalement l'accident de voiture qui a coûté la vie au donneur.

Voilà un phénomène très étonnant mais il n'y a jusqu'à preuve du contraire, aucune raison de mettre en doute la parole de Charlotte Valandrey. Aidée dans l'écriture par un certain Jean Arcelin, le livre se lit très facilement et le récit explique comment elle a appris le nom du donneur ; plus précisément de la donneuse puisqu'il s'agit d'une femme.

Voici ce qu'écrit Gérard Helft, professeur de cardiologie aux hôpitaux de Paris, en préface : "Le parcours de l'actrice Charlotte Valandrey est véritablement hors du commun et mérite toute notre attention. Malgré ses lourds antécédents médicaux, séropositivité et greffe cardiaque, elle garde une énergie et une vitalité débordantes et communicatives. L'itinéraire de Charlotte Valandrey est exceptionnel, il est un témoignage unique, d'une part, pour les patients cardiaques pour lesquels la seule issue est la greffe cardiaque et, d'autre part, pour tous les soignants confrontés à la maladie." 

Un jour peut-être, les avancées scientifiques et médicales apporteront des réponses à ce phénomène de la mémoire cellulaire. Il reste qu'aujourd'hui, je suis persuadé que le corps dispose de ressources qu'il est possible d'exploiter pour peu que l'on s'en donne la peine.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le père Noël est une ordure (1982) - Jean-Marie Poiré

L'année dernière, à l'approche de Noël, j'avais choisi de chroniquer The Polar express, que je venais de découvrir en Blu-ray 3D. Pour 2012, changement de registre puisque j'ai opté pour Le père Noël est une ordure. J'ai souvent entendu les gens affirmer qu'ils préféraient la pièce de théâtre, personnellement je préfère le film. En effet, on trouve des ajouts de personnages, de situations et de dialogues dans le film qui sont aussi drôles que l'ensemble des éléments provenant directement de la pièce.
En arrivant pour leur permanence du réveillon de Noël, les bénévoles de l'association SOS détresse amitié n'ont aucune idée de la nuit agitée qu'ils vont vivre. Les catastrophes vont s'enchaîner les unes après les autres jusqu'au petit matin.
Ils étaient drôles les membres de l'équipe du Splendid (Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, etc.), il y a 30 ans. Ils étaient jeunes, neufs et apportaient un souffle nouveau en dépou…

Kokuriko zaka kara (2011) - Goro Miyazaki

"Les dessins animés japonais qui sont exécrables, qui sont terribles". Cette affirmation est de Ségolène Royal, formulée au cours de l'émission Midi 2 (extrait visible sur le site de l'ina ICI) en 1988 alors qu'elle venait défendre un amendement législatif pour la protection des enfants concernant la violence dans les programmes de télévision. Il y aurait beaucoup à dire sur le conservatisme, la condescendance, les préjugés et même une certaine forme de populisme qui l'animent pendant ce moment mais j'en resterai au sujet qui m'intéresse de développer ici, à savoir ces fameux dessins animés japonais. Elle a continué en 1989 dans un livre, Le ras-le-bol des bébés zappeurs, où elle s'en prend toujours à ces dessins animés japonais où elle n'y voit que la pire expression de la violence au sein d'histoires minimalistes et forcément la cause de tous les maux qui traumatisent la jeunesse française. Les politiques ne sont jamais responsables de …

Les bronzés 3 : Amis pour la vie (2006) - Patrice Leconte

Quand j'ai posté un court article à propos de la comédie Les bronzés le 20 août 2012, j'étais loin de m'imaginer qu'il allait connaître le succès qu'il connait encore aujourd'hui. Au dernier rapport mensuel de statistiques fait le 25 mai dernier, il était 3ème des 10 articles les plus lus de mon blog. Depuis un moment, il est lu 15 à 20 fois par jour. Pourtant, ce n'est pas ce que j'ai écrit de plus intéressant et il y a évidemment des films nettement plus intéressants même dans le seul registre de la comédie. Seulement voilà, c'était l'été et Les bronzés est devenu un classique de la comédie estivale que j'avais revu pour l'occasion, toujours avec le même amusement. J'aime bien voir et revoir des films à la période de l'année dans laquelle ils s'inscrivent.

Je dois bien l'avouer, c'est dans l'idée de réitérer le même succès de lecture que j'ai posté un autre article sur la suite Les bronzés font du ski en pé…