Accéder au contenu principal

Pandemia (2015) - Franck Thilliez

"Le premier son qu'entendit Gabriel fut le cliquetis de la chaîne menottée à sa cheville gauche.
La douleur sous son crâne était abominable. Recroquevillé sur le flanc, il fit glisser ses doigts sur la surface métallique qui lui entaillait la joue droite. Il devait s'agir d'une grille de ventilation en acier, l'un de ces trucs qui soulèvent les robes des filles lorsqu'elles marchent dessus. Gabriel aimait bien ces grilles-là, d'ordinaire.
Il devina que de l'eau circulait dessous. Où l'avait-on emmené ? Et pourquoi ? Il cuvait encore son mauvais vin, mais il se souvenait avec exactitude de cette silhouette noire, jaillie de nulle part, sous le pont. Gabriel avait pensé à un oiseau géant, avec son bec, ses griffes démesurées qui brillaient sous la lune, avant qu'il sente une douleur dans sa nuque et ferme les yeux pour se réveiller ici, dans un lieu plus noir qu'une nuit sans étoiles."

Angor n'était sorti que depuis quelques mois que déjà, le nouveau Franck Thilliez sortait. Je craignais un peu la déception car Angor ne m'avait pas entièrement convaincu, en raison surtout de sa longueur, l'écrivain ne semblant pas trouver le bon moment pour conclure son intrigue.

Mais Pandemia est autrement convaincant. Les chapitres sont plus courts, le récit gagne ainsi en rythme et en intensité. Le roman est aussi moins long. Cela dit, les éditeurs sont des petits malins. Comme le précédent thriller, il fait plus de six-cents pages mais la police de caractère est plus grande.

Une nouvelle fois, l'auteur convoque ses personnages fétiches, Franck Sharko et Lucie Hennebelle mais on retrouve également Camille Thibault, la gendarme greffée du cœur de Angor ; mais la nouvelle héroïne charismatique est cette fois Amandine, une scientifique de l'institut Pasteur. Assez rapidement, celles et ceux ayant lu Angor se rendront compte que Pandemia en est la suite. En effet, l'homme en noir, qui leur avait échappé précédemment est de retour et ce qu'il a mis en place est terrifiant.

Franck Thilliez ne se contente pas de faire des effets d'annonce tant ce qu'il décrit semble reposer sur des bases documentaires et scientifiques solides. D'ailleurs, à la fin du livre, il remercie plusieurs membres de l'institut Pasteur de Lille et en lisant cet article de Ouest France, on apprend que l'idée de Pandemia lui est venue après une visite à cet l'institut. J'ignore si ce qu'il imagine est réellement possible scientifiquement parlant mais si tel est le cas, c'est à en avoir froid dans le dos.

Il y a également ce qu'il appelle le darknet, une sorte d'internet privé dans internet où se regroupent tout un tas d'individus tous plus déviants et monstrueux les uns des autres. S'inspire t-il de quelque chose d'existant dont il aurait entendu parler ? Personnellement, je n'ai pas envie d'en savoir davantage tant ce serait se diriger dans des profondeurs de l'âme humaine que je n'ai absolument pas envie de connaître. Je me contenterai donc de la fiction, qui en soit est déjà assez terrible comme ça.

Rythme et intensité, disais-je plus haut, l'auteur les maintient jusque dans les dernières lignes. Ce qui est aussi intéressant est que même si Franck Sharko est son personnage principal, il fait toujours en sorte que les enquêtes soient menées collectivement. De ce fait, tout le monde a plus ou moins une consistance jusque dans leurs comportements privés.

Qu'imagine Franck Thilliez pour son prochain thriller ?

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Skyfall (2012) - Sam Mendes

Me rendre au cinéma pour découvrir le nouveau James Bond est une démarche qui se démarque de toutes les autres fois où je vais en salle. Dans un an, cela fera 25 ans que je me passionne pour ce personnage. Pour ses 50 ans de cinéma, l'espoir de vivre quelque chose d'excitant est plus intense que jamais. Sur la route, au volant de la voiture, je fais un dernier point. A l'exception de Away we go , j'ai vu tous les films de Sam Mendes  qui met ici en scène son premier Bond. J'ai aimé chacun de ses films et savoir que ce n'est pas juste un "faiseur" derrière la caméra est certainement ce qui m'emballe le plus. Il y a Daniel Craig  aussi bien sûr. Instantanément James Bond dans Casino Royale , il sauve à lui seul Quantum of solace  de la totale insipidité grâce à son jeu intense. Lorsque j'ai su que c'était Javier Bardem  qui incarnait l'ennemi du film, j'ai exprimé un "wahou" béat tant j'avais encore en tête son in...

Licence to kill (1989) - John Glen

Licence to kill est le premier James Bond que j'ai vu au cinéma. A l'époque, j'avais été un peu déçu, le canevas scénaristique étant similaire à de nombreuses productions cinématographiques des années quatre-vingts, à savoir une histoire de vengeance sur fond de trafic de drogue. Depuis, je l'ai revu à la hausse. En effet, bien qu'il s'agisse pour la première fois d'un titre non issu des écrits de Ian Fleming, il me semble plutôt fidèle à l'esprit du créateur de James Bond. Il s'inspire d'ailleurs d'éléments qui avaient été ignorés dans les précédentes adaptations, en premier lieu la mutilation de Felix Leiter ( David Hedison ), jeté dans la mâchoire d'un requin, événement dramatique qui intervient dans le roman Live and let die mais entièrement ignoré dans sa pitoyable adaptation de 1973 . Dans Licence to kill , Leiter est jeté au requin alors qu'il vient tout juste de se marier. Parallèlement, Della, son épouse, sera t...

Le Touquet - British Week : Week-end James Bond des 8 et 9 octobre 2011

Palais des Congrès - Entrée Pour la deuxième fois, Le Touquet organise la British Week. Débutée le samedi 8 octobre, elle s'achève dimanche prochain. La station se met "à l'heure anglaise" comme le proclame la municipalité. Cette année a été organisé un Week-end James Bond avec le Club français de l'agent secret britannique et plusieurs invités. Ceux qui me connaissent savent que je suis un mordu du personnage depuis pas mal d'années, depuis que j'ai 14 ans en réalité lorsque j'ai vu le tout premier James Bond, "Dr No". J'apprends ainsi qu'une conférence sur Ian Fleming  animée par un certain Jacques Layani, auteur de On ne lit que deux fois aura lieu au Palais des Congrès le samedi matin. L'après-midi est prévue la diffusion de "Tuer n'est pas jouer" suivi d'un entretien avec John Glen et Maryam d'Abo qui  sont respectivement le metteur en scène (ainsi que de quatre autres James Bond) et ...