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Moonraker (1979) - Lewis Gilbert


Moonraker s'ouvre sur la subtilisation d'une navette spatiale transportée par avion entre les Etats-Unis et l'Angleterre. S'en suit une séquence où James Bond est surpris par des ennemis et éjecté sans parachute d'un avion. Dans sa chute libre, il affronte un homme de main pour tenter de récupérer un parachute. Puis c'est Jaws (Richard Kiel), qui refait son apparition dans ce film après avoir survécu à la destruction du repère de Karl Stromberg dans The spy who loved me qui s'en prend à lui. Cassant la poignée de son parachute en tentant de l'ouvrir, Jaws finira sa chute sur le chapiteau d'un cirque.

Tout Moonraker est à l'image de son prégénérique, une succession de scènes plus ou moins spectaculaires qui s'achèvent systématiquement en clowneries. Même Jaws, pourtant si inquiétant et effrayant dans The spy who loved me, est ici prétexte à un humour de collégien jusqu'à lui faire avoir un coup de foudre pour une blondinette à couettes deux fois plus petite que lui (Blanche Ravalec, aperçue précédemment dans La carapate avec Pierre Richard) et devenir un allié de James Bond à la fin. L'ensemble est relié par une intrigue basique digne d'un enfant de 12 ans reposant sur des indices grossiers pour la faire évoluer et à chaque fois Roger Moore achève chaque séquence par une vanne facile transformant James Bond en dandy mondain décontracté.

Scénario insipide, humour potache voire parfois grivois, séquences idiotes, fusils laser, Roger Moore habillé en cowboy sur un cheval avec le thème de The magnificent seven pour musique d'accompagnement, le code musical de Close encounters of the third kind pour ouvrir la porte d'un laboratoire secret, Jean-Pierre Castaldi, Georges Beller... oui, le tournage ayant eu lieu principalement en France, une partie du casting est d'origine hexagonale mais c'est loin d'être les meilleurs acteurs qui ont été choisis, on a aussi droit à Nicaise Jean-Louis et Catherine Serre, futures gendarmettes de ce navet qu'est Le gendarme et les gendarmettes avec Louis de Funès... et encore beaucoup d'autres choses, la liste des idioties est trop longue pour être exhaustif et je n'ai pas envie de perdre mon temps à les détailler.

Dans tout cela, une scène est peut-être à sauver, celle du meurtre de Corinne Dufour (Corinne Cléry, oui, vous avez bien lu, la O de l'adaptation de Histoire d'O) poursuivie par des dobermans qui réussiront à la rattraper alors qu'elle tente de  s'enfuir au milieu d'un bois. On se demande même par quelle grâce a été touché Lewis Gilbert pour réussir ce passage.

Ainsi, le quatrième James Bond de Roger Moore est un désastre dont le final dans et autour de la station spatiale de Hugo Drax (Michael Lonsdale), l'ennemi, est hallucinant de bêtise. En effet, il voit l'armée de Drax affronter des rangers de l'espace à coups de fusils laser. Inutile de dire que l'on est à des années-lumière du livre de Ian Fleming.

Moonraker, quelle connerie !

Comme les autres films, l'image du bluray est magnifique mais ce n'est pas suffisant pour sauver Moonraker de sa médiocrité.


Commentaires

  1. On se demande comment le Bond cinématographique a pu survivre à Roger Moore. On se demande comment Roger Moore a pu survivre à Moonraker. On se demande comment Roger Moore a pu survivre à Roger Moore.

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