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Il était une fois en France - Tome 4 : Aux armes, citoyens !

Les alliés ont débarqué en Normandie et à Paris, les résistants se préparent à combattre frontalement les allemands. A la fin du troisième tome, le chef de la Gestapo Wilhelm Korf obligeait Joseph Joanovici à lui livrer des informations concrètes sur la résistance très rapidement parce que les libérations que Joseph avait obtenues de lui moyennant finances avait attiré sa hiérarchie... et aussi parce que les nazis détiennent une déposition très compromettante pour lui au sujet de ses affaires avec les allemands et il doit obtempérer s'il ne veut pas que ça se sache chez les résistants. Au début de ce 4ème volume, on voit que les informations qu'il livre aux nazis avec la complicité de son acolyte Lucien Piednoir concernent une cache d'armes dans un couvent de La Brosse-Montceau. Après avoir été torturés, les religieux seront  assassinés sans qu'aucun d'entre eux n'aura avoué quoi que ce soit et dénoncé qui que ce soit. Il s'agit là d'ailleurs d'un fait de l'occupation allemande tout à fait réel.

Ainsi, Joseph Joanovici continue son double jeu. Avant de donner cette cache d'armes, il aura pris soin avec des membres de la résistance de les récupérer avant l'arrivée des nazis au couvent. Sans grands scrupules, il s'arrangera même pour faire accuser Robert Scaffa, un jeune résistant, de cette trahison tout en livrant à la résistance un nombre assez conséquent d'armes et de véhicules qui serviront lors des combats de la libération de Paris. Plus le récit avance, plus ce personnage nous parait obscène. Pour se refaire une virginité, il livre aux nouvelles autorités des libérateurs Pierre Bonny et Henri Lafont, les deux responsables de la Gestapo française qu'il avait lui même cachés dans sa ferme de Bazoches. Quand il reçoit le certificat de grand résistant, on ne peut que ressentir du dégoût.

Il y a eu des opportunistes au moment de la libération, c'est aujourd'hui très connu. Joseph Joanovici est l'un d'eux. Fabien Nury et Sylvain Vallée n'illustrent pas uniquement ce que la libération a de remarquable, ils mettent aussi en avant quelques coulisses pas forcément glorieuses ainsi que quelques scènes plutôt honteuses comme celles des femmes tondues. Joanovici dira à sa collaboratrice et maîtresse : "Regarde-les Lucie. Regarde ce que ces braves gens leur font. Et tout ce qu'on leur reproche, c'est d'avoir écarté les jambes... A ton avis, qu'est ce qu'ils nous feraient à nous ?".

Le travail effectué sur la narration, les dessins et la mise en scène est toujours aussi remarquable. C'est un sans faute mais j'attends d'avoir lu les deux derniers opus pour affirmer définitivement que l'on est en présence d'un chef d'oeuvre du 7ème art.

Pour en savoir plus sur Joseph Joanovici et la libération de Paris, il y a cet article : http://liberation-de-paris.gilles-primout.fr/monsieur-joseph

Pour en savoir plus sur les religieux du couvent de La Brosse-Montceau : http://labrossemontceaux.free.fr/Le%20Silence%20des%20Oblats.htm


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