Accéder au contenu principal

9 mois ferme (2013) - Albert Dupontel

J'aime bien Albert Dupontel. Je l'ai déjà dit dans mon article sur Le convoyeur, je le considère comme l'un des meilleurs acteurs-réalisateurs français actuels. Ainsi, je ne pouvais pas passer à côté de 9 mois ferme dont il a écrit le scénario, où il assure la mise en scène et dans laquelle il partage la tête d'affiche avec Sandrine Kiberlain.

Ariane Felder (Sandrine Kiberlain) est juge d'instruction. Célibataire endurcie, elle ne vit que par et pour son travail et est promise aux plus hautes fonctions de la magistrature. Lors du réveillon de fin d'année, elle est encore dans son bureau au milieu de ses dossiers alors que ses collègues font la fête dans l'enceinte du tribunal. Ceux-ci viennent la chercher et parviennent tant bien que mal à la convaincre de les rejoindre. Elle finit par se lâcher et se prend une cuite phénoménale dont elle n'aura aucun souvenir le lendemain. Six mois plus tard, elle apprend qu'elle est enceinte de six mois et à peu près deux semaines, ce qui fait remonter la conception du bébé à cette nuit de beuverie. Après quelques recherches de paternité, elle apprend que le père est un certain Bob Nolan (Albert Dupontel), cambrioleur multirécidiviste incarcéré récemment car accusé d'avoir coupé les quatre membres et mangé les yeux du propriétaire de la maison dans laquelle il s'était introduit pour percer le coffre. Il est surnommé par les médias le "globophage". Comment tout cela a t-il été possible? Évidemment, pour Ariane Felder, c'est le drame absolu.

On retrouve dans 9 mois ferme l'univers déjanté d'Albert Dupontel, son humour moqueur et corrosif, son goût pour les situations burlesques, presque improbables et même parfois assez trash. Cette fois, c'est l'univers de la justice qui fait l'objet de sa mordante ironie et il n'a rien perdu de sa verve depuis Bernie, sa première réalisation. Il s'est même bonifié avec le temps dans sa façon de filmer et fait preuve d'une sincère sensibilité dans sa façon d'illustrer certains moments.

En dehors du couple formé par Albert Dupontel et Sandrine Kiberlain, le cinéaste acteur a offert, comme il l'a fait dans ses précédents films, des seconds rôles très marquants à commencer par celui de Maître Trolos (Nicolas Marié, absolument génial), un avocat bègue adepte des effets de manche mais au discours complètement creux. En vérité, Dupontel est l'un de ces scénaristes qui offrent des seconds rôles de premier rang, une véritable aubaine pour les acteurs qui les interprètent et le plaisir qu'ils ont à les jouer est évident.

Après Bernie, Le créateur, Enfermés dehors et Le vilain, Albert Dupontel a une fois de plus livré un film original à des kilomètres de ce que nous livre la comédie française depuis de trop nombreuses années, engoncée qu'elle est dans ses facilités et la paresse de ses histoires.

Chaque film d'Albert Dupontel est une vraie bouffée d'oxygène.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le père Noël est une ordure (1982) - Jean-Marie Poiré

L'année dernière, à l'approche de Noël, j'avais choisi de chroniquer The Polar express, que je venais de découvrir en Blu-ray 3D. Pour 2012, changement de registre puisque j'ai opté pour Le père Noël est une ordure. J'ai souvent entendu les gens affirmer qu'ils préféraient la pièce de théâtre, personnellement je préfère le film. En effet, on trouve des ajouts de personnages, de situations et de dialogues dans le film qui sont aussi drôles que l'ensemble des éléments provenant directement de la pièce.
En arrivant pour leur permanence du réveillon de Noël, les bénévoles de l'association SOS détresse amitié n'ont aucune idée de la nuit agitée qu'ils vont vivre. Les catastrophes vont s'enchaîner les unes après les autres jusqu'au petit matin.
Ils étaient drôles les membres de l'équipe du Splendid (Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, etc.), il y a 30 ans. Ils étaient jeunes, neufs et apportaient un souffle nouveau en dépou…

Kokuriko zaka kara (2011) - Goro Miyazaki

"Les dessins animés japonais qui sont exécrables, qui sont terribles". Cette affirmation est de Ségolène Royal, formulée au cours de l'émission Midi 2 (extrait visible sur le site de l'ina ICI) en 1988 alors qu'elle venait défendre un amendement législatif pour la protection des enfants concernant la violence dans les programmes de télévision. Il y aurait beaucoup à dire sur le conservatisme, la condescendance, les préjugés et même une certaine forme de populisme qui l'animent pendant ce moment mais j'en resterai au sujet qui m'intéresse de développer ici, à savoir ces fameux dessins animés japonais. Elle a continué en 1989 dans un livre, Le ras-le-bol des bébés zappeurs, où elle s'en prend toujours à ces dessins animés japonais où elle n'y voit que la pire expression de la violence au sein d'histoires minimalistes et forcément la cause de tous les maux qui traumatisent la jeunesse française. Les politiques ne sont jamais responsables de …

Le premier miracle (2016) - Gilles Legardinier

"Il faisait nuit, un peu froid. D'ordinaire, M. Kuolong n'aimait pas attendre. Pourtant, ce soir-là, patienter le rendait presque heureux. Voilà bien longtemps que ce quinquagénaire mince au regard d'adolescent n'avait pas éprouvé cela. Surtout vis-à-vis de quelqu'un.
Au premier étage de sa résidence américaine, devant la baie du salon dominant son immense propriété, il scrutait le ciel. Ce dîner s'annonçait important. Essentiel même. Pour une fois, cela n'aurait rien de professionnel, bien au contraire. Il y voyait cependant davantage d'enjeux que lors de ses récentes prises de contrôle de compagnies électroniques. Ce soir, c'était sa part la plus intime qui espérait trouver un écho." 

Je pense savoir pourquoi mes parents m'ont offert Le premier miracle de Gilles Legardinier. Il y a quelque chose qui relève de l'imagerie bondienne dans la couverture. Cette femme en tailleur, pistolet à la main et cet homme en costume accoudé à son…