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You only live twice (1967) - Lewis Gilbert


You only live twice est le premier James Bond cinématographique décevant. Si le film enchaîne les scènes d'action en tous genres, on ne peut pas dire que l'ensemble soit franchement intense, la faute principalement à des personnages ayant très peu de consistance. James Bond lui même est atteint par cette faiblesse de caractérisation et l'interprétation de Sean Connery n'aide pas à rendre son personnage intéressant. L'acteur traverse le film un peu absent, se contentant parfois d'observer ce qui se déroule autour de lui entre les fusillades, les poursuites en voitures et les combats au corps à corps. La scène la plus significative de son manque d'implication est celle de l'assassinat d'Aki où James Bond ne semble pas ressentir une quelconque émotion.

Il faut dire aussi que le scénario n'aide pas non plus à s'investir plus que ça. Il contient des choses que j'ai toujours trouvées absurdes à commencer par la fausse mort de James Bond dans le pré-générique. La justification donnée plus tard par M pour ce simulacre d'assassinat est plutôt vaseuse (se faire oublier de ses ennemis, on n'en saura pas plus) mais on a plus l'impression que c'est pour légitimer le titre qu'autre chose. Était-il si difficile d'intégrer le poème Haïku que rédige l'espion dans le roman de Ian Fleming et qui lui donne son titre ? D'ailleurs, était-il si difficile de coller un peu plus au roman ? Était-il si difficile aussi de rendre un peu plus vivant l'univers des tribus de Amas, ces pêcheuses japonaises qui plongent en apnée à la recherche de perles ? Le film ne retient pas grand chose du roman qui est une véritable et formidable plongée au cœur du Japon et les quelques éléments qui en restent ont du mal à se faire une place. L'environnement des pêcheuses Amas existe à peine et la transformation de James Bond en pêcheur japonais est proche du ridicule.


Ainsi, You only live twice devient une histoire de science fiction, de capsules spatiales capturées par un vaisseau non identifié. Pas d'extraterrestres heureusement mais c'est à nouveau le SPECTRE qui se cache derrière ces actes. Les intentions de Ernst Stavro Blofeld sont de créer entre les USA et l'URSS une telle tension qu'éclatera entre eux une guerre sur les ruines desquelles il pourra mettre en place un nouveau monde où il régnera. Plus mégalo que ça, tu meurs. Il est aussi dommage que pour la première fois où James Bond affronte directement le chef du SPECTRE, cela se fasse dans un film aussi décevant et qui aligne à ce point les incohérences. Par exemple, lorsque le vaisseau de Blofeld est sur le point de capturer une navette, Blofeld et ses techniciens peuvent observer la progression sur leurs écrans à partir d'un point de vue extérieur... ce qui signifie qu'il y a un autre vaisseau à partir duquel c'est filmé ! Or, c'est impossible. Ce genre de facilités se voit régulièrement au cinéma mais ce qui peut faire sourire dans une série B n'est pas forcément acceptable dans un James Bond.

La façon dont est représentée Blofeld est tout aussi critiquable. Pourquoi, pour la première apparition de son visage, avoir affublé Donald Pleasence de cette inappropriée prothèse de balafre ? D'ailleurs, je ne trouve pas l'acteur très bon dans le rôle et loin d'être en capacité de créer le malaise que le personnage générait lorsqu'on n'en voyait que les mains caressant son chat blanc dans les précédents films.


On ne s'ennuie pas vraiment devant You only live twice parce que tout va très vite. Mises à part quelques transparences un peu grossières résultant des techniques d'effets spéciaux de l'époque, les scènes d'action sont correctement fabriquées. Ce n'est pourtant pas suffisant pour réussir un film à grand spectacle, You only live twice m'a toujours paru sans grand intérêt. Pire, il brise cet équilibre excitant entre le possible et l'extraordinaire sur lequel devrait reposer n'importe quel James Bond. Il fait ainsi partie des ratages de la série sauf le générique chanté par Nancy Sinatra qui est l'un des plus jolis thèmes que la saga ait offert.

L'image du Blu-ray est splendide, jamais je n'ai vu le film avec de telles couleurs et de tels détails dans les images.




Commentaires

  1. Mauvais Blofeld, bien sûr. Un très mauvais choix, sans conteste. Un des plus beaux livres devenu un des moins bons films...

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    1. L'un des moins bons films, c'est certain. Par la suite, les producteurs iront encore plus loin avec ce grand n'importe quoi qu'est Moonraker. Je ne pensais pas revoir quelque chose de ce genre par la suite mais Die another day est arrivé. En sortant du cinéma, j'avais l'impression d'avoir assisté à une parodie.

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