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The dark knight (2008) - Christopher Nolan

Le 25 juillet prochain sort en France The dark knight rises, film qui clôt la trilogie Batman que le metteur en scène Christopher Nolan a engagé en 2005 avec Batman begins. Les premiers avis apparus sur internet et via les réseaux sociaux sont unanimes et annoncent un opus exceptionnel. Le site Première mentionne certains de ces commentaires dont celui de @JaredKraus (twitter) qui affirme : "Si TDK (The dark knight, 2ème opus de la trilogie) était Le parrain et bien TDKR (The dark knight rises) serait Le parrain 2. Nolan s'est vraiment surpassé et a créé un chef d'oeuvre intemporel". Je me souviens qu'à la sortie de The dark knight, ce genre de comparaison avait été faite par rapport à Batman begins ; comparaison audacieuse de mon point de vue tant les films de Francis Ford Coppola dont il est question sont des chefs d'oeuvre, The godfather étant d'ailleurs le deuxième film du trio de tête de ceux que je préfère derrière Le bon, la brute et le truand et devant A clockwork orange.

Avant d'aller voir The dark knight rises que j'attends comme d'autres attendent le messie (j'exagère un peu), j'ai souhaité revoir les deux premiers volets de la trilogie de Nolan. J'ai chroniqué Batman begins ICI et voici ce que je peux dire à propos de The dark knight que j'ai donc revu récemment.

Les Batman de Christopher Nolan ne se contentent pas d'être de simples divertissements, nous ne sommes pas dans la même approche d'un The avengers par exemple, qu'il s'agisse du fond ou de la forme. Les scénarios sont denses et y sont glissés des éléments qui interrogent nos sociétés. S'ils étaient assez minimes dans Batman begins (quelques allusions à la surenchère dans la violence), The dark knight va plus loin et il est possible d'y voir une parabole de ce que sont devenus les Etats-Unis sous l'administration Bush après les attentats du 11 septembre 2001.

Après avoir échappé à la destruction, Gotham City semble retrouver espoir dans sa lutte contre les différentes familles mafieuses qui la rongent notamment grâce à Harvey Dent (Aaron Eckhart), son éclatant procureur et le lieutenant Jim Gordon qui considère que Batman a permis ce nouvel élan dans la lutte contre le crime. Le problème est qu'un nouveau danger fait irruption en la personne du Joker (génial Heath Ledger), l'ennemi le plus connu de Batman dans les comics. Ici, le Joker devient un personnage complètement psychotique et psychopathe et ne semblant n'avoir qu'une seule motivation, semer le chaos y compris au sein de la pègre locale, en employant des méthodes terroristes.

Face à lui, les services policiers comme Batman sont dépassés et se voient contraints d'utiliser des méthodes d'exception. Ainsi, pour protéger sa famille mais aussi pour attirer le joker dans un piège, Jim Gordon se fera passer pour mort tandis que Batman mettra sur écoute tous les moyens de communication de la ville, ce que désapprouvera son complice et ami Lucius Fox (Morgan Freeman).

Aucun des personnages ne sortira indemne de l'affrontement face au Joker, à commencer par Batman qui sera obligé de supporter de devenir un paria et à qui le Joker a fait comprendre que s'il n'avait pas existé, il ne serait jamais devenu le Joker. On retrouve là le thème de l'escalade de la violence que le héros a engendré mais cela fait aussi écho au comportement des Etats-Unis face au terrorisme. A la fin, si le Joker est mis hors d'état de nuire, certains de ses méfaits restent irréversibles comme par exemple la mort de Rachel (Maggie Gyllenhaal), l'ami d'enfance de Bruce Wayne/Batman.

Malgré les nombreuses et indéniables qualités de The dark Knight, il faut quand même souligner quelques faiblesses. L'histoire étant la continuation directe de celle de Batman begins, il est un peu regrettable de voir que le rôle de Rachel a été confiée à une autre actrice. Exit donc Katie Holmes remplacée par Maggie Gyllenhaal. Même si cette dernière a plus de maturité dans son jeu, c'est un peu gênant pour la continuité.

Je regrette également qu'il n'y ait plus aucune intrigue en rapport avec le personnage de Richard Earle évincé de façon vexante du contrôle de la multinationale Wayne dans le premier épisode. Le public se trouve du coup privé de cet acteur charismatique qu'est Rutger Hauer. Cependant, on peut comprendre qu'il n'y a pas d'intrigues à ce sujet, la trame principale étant déjà suffisamment riche et  les histoires secondaires très nombreuses au point que les 2h30 semblent trop courtes. Ainsi, l'action va très vite, un peu trop vite même parfois.

Enfin, je trouve dommage la mort à la fin du film de Harvey Dent. Il était à peine devenu Two-Face, autre ennemi très connu de Batman, donnant ainsi l'impression d'un potentiel inutilisé pour la suite.

Ceci dit, ce ne sont là que quelques détails peu importants au regard de l'intensité qui émane de The dark knight. On en sort presque éreinté avec le sentiment d'avoir vu quelque chose d'époustouflant à tous points de vue.

Pour terminer, il y a un petit détail assez amusant qui avait un certain sens à la sortie du film mais qui m'a vraiment sauté aux yeux en le revoyant il y a quelques jours. Je l'ai signalé plus haut, Morgan Freeman joue Lucius Fox qui désapprouve le fait que Bruce Wayne/Batman place sous surveillance l'intégralité du réseau de communication de Gotham pour mettre la main sur le Joker. Batman lui répond qu'une fois qu'il l'aura eu, il pourra rentrer un code qu'il lui dévoile. C'est ce que fait Lucius à la fin du film, ce qui a pour conséquence de détruire la machine qui permettait cette surveillance. Il est connu que Morgan Freeman a soutenu la candidature de Barack Obama en 2008. J'y vois là un clin d'oeil, un peu comme si Nolan nous annonçait la fin de la présidence Bush et de ses méthodes qui posent de sérieux problèmes au sujet des libertés individuelles et collectives pour une gouvernance un peu plus "morale".


Commentaires

  1. Les Batman de Christopher Nolan sont quand meme bien adaptés, meme si son Dark knight est assez éloigné de celui de frank Miller (dark knight + dark knight Returns sont les meilleures BD de ce super heros)
    http://www.amazon.com/Batman-The-Dark-Knight-Returns/dp/1563893428

    Dans les albums BD de cet auteur, Batman est vieux, poussif, cardiaque et il compte plus sur ses gadgets que sa force physique. il y a en plus un affrontement épyque avec superman.

    quant au joker, il a été totalement copié sur cet album:
    http://www.amazon.fr/Joker-Brian-Azzarello/dp/1401215815
    BD hardcore, dure à ne pas mettre entre toutes les mains

    Ce que j aime plus dans Batman, ce sont ses ennemis: Joker, Killer Croc, Bane, double face: Ce sont eux qui ajoutent de la profondeur au personnage

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    1. Il m'est arrivé de feuilleter les Dark Knight de Franck Miller, il m'avait bien semblé que c'était une version âgée de Bruce Wayne; Pour l'affrontement Batman/Superman, c'est apparemment en préparation au cinéma avec... Ben Affleck pour Bruce Wayne. On verra ce que ça donne.

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