Accéder au contenu principal

Millenium - The girl with the dragon tattoo (2012) - David Fincher

Depuis la disparition de sa nièce, Harriet, il y a plus de 40 ans, Henrik Vanger, un riche industriel suédois reçoit chaque année pour son anniversaire une fleur séchée. Au crépuscule de sa vie, persuadé que Harriet a été tuée, il veut plus que toute autre chose savoir qui est responsable de sa mort. Il engage le journaliste Mikael Blomkvist pour résoudre cette affaire. Ce dernier, dans une mauvaise passe après avoir perdu un procès contre Hans-Eric Wennerström, une figure majeure de l'économie suédoise, accepte. En effet, en échange, Henrik Vanger lui promet toutes les preuves dont il avait besoin pour gagner le litige contre Wennerström, ce qui lui permettra de retrouver son honneur perdu. Se joindra à lui dans son enquête Lisbeth Salander, une jeune femme d'une intelligence exceptionnelle mais complètement en décalage avec la société. C'est ainsi que commence la désormais célèbre trilogie Millenium.

Écrite par Stieg Larsson, c'est certainement ce que j'ai lu de plus intéressant ces dernières années dans le genre polar/thriller. D'abord parce que les polars venant du Nord de l'Europe ne sont pas légions (depuis ce succès, d'autres auteurs des pays nordiques ont été traduits) et surtout parce que Stieg Larsson ne s'est pas contenté de raconter une histoire de meurtres ou de disparition ou d'un tout autre sujet appartenant classiquement au genre. En effet, à travers l'histoire du journaliste Mikael Blomkvist, de Lisbeth Salander et de la famille Vanger, les intrigues de ses trois romans sont des prétextes pour faire le point, entre autres, sur l'extrême droite suédoise. Ainsi, à travers les trois romans, sont abordés l'attitude de la Suède pendant la seconde guerre mondiale, les sympathies nazies à cette époque dans la population du pays mais aussi à l'intérieur des grands groupes industriels et la manière dont tout cela a muté et progressé jusqu'à nos jours. Stieg Larsson était d'ailleurs un journaliste connu pour son engagement actif contre l'extrême droite. Mort d'une crise cardiaque en 2004, il n'a pas vécu assez longtemps pour vivre l'immense succès de son oeuvre littéraire qui est un peu le résultat de son travail journalistique.

Evidemment, vu le succès mondial des bouquins, le cinéma ne pouvait pas ne pas s'intéresser à ce phénomène. La trilogie fut rapidement adaptée par le cinéma suédois. Le premier volet (je n'ai pas vu les autres) est de bonne facture et se laisse suivre sans problème. Cependant, on ne ressent qu'à de trop courts moments la tension qui règne dans le pages du roman de Stieg Larsson, la faute à une mise en scène qui manque de relief même si les acteurs sont bons. Il manque pas mal de détails qui font aussi que Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (le titre original du premier tome) est passionnant à lire. Le film avait tendance aussi à mettre de côté les sujets liés au passé nazi de certains membres de la famille Vanger.


Hollywood a acheté les droits d'adaptation des trois tomes et un nouveau film du premier est sorti même pas deux ans après la 1ère mouture. Une telle rapidité peut surprendre. Cette fois, on a droit à Daniel Craig dans le rôle de Blomkvist et Rooney Mara dans celui de Lisbeth. L'ensemble du casting est parfait et le constat qu'on peut faire est que le film, même s'il n'efface en rien le livre, est prenant du début à la fin ; et plus que ne l'est la version suédoise, n'en déplaise aux puristes ou à ceux qui crient au scandale parce qu'encore une fois, les américains récupèrent ce qui ne relève pas de leur culture.

David Fincher, le metteur en scène, n'a pas cherché à amoindrir le propos du livre, c'est déjà un bon point. Mais il faut aussi souligner sa mise en scène. S'il n'a jamais fait de navets, il n'a pas totalement réussi chacun de ses films. Seven et Fight Club sont des chefs-d'oeuvre et Panic room est un thriller efficace. Je suis plus critique concernant Zodiac qui m'a légèrement ennuyé et The curious case of Benjamin Button a quelques pertes de rythme. Quant à The social network, il réussissait à créer de l'intérêt pour un sujet qui, de mon point de vue n'en a pas tellement, la création de facebook.

Concernant Millenium - The girl with the dragon tattoo, on est face à du grand Fincher, celui de Seven. Le metteur en scène offre au sujet ce qu'il manquait au film suédois, une mise en scène et un montage qui tient le spectateur en haleine jusqu'au bout.

Il y a cependant un petit bémol qui concerne plus ceux qui ont lu le livre que les autres.

ATTENTION LE DERNIER PARAGRAPHE RÉVÈLE LE FIN MOT DE L'ENQUÊTE


Pourquoi le devenir de Harriet a t-il été modifié ? A la fin du livre, on apprend que Harriet n'est pas morte et s'est exilée en Australie. Dans le film de David Fincher, elle vit à Londres en ayant pris l'identité de sa cousine. C'est un peu illogique comme solution et remet un peu en cause la psychologie du personnage. C'est un peu dommage.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le père Noël est une ordure (1982) - Jean-Marie Poiré

L'année dernière, à l'approche de Noël, j'avais choisi de chroniquer The Polar express, que je venais de découvrir en Blu-ray 3D. Pour 2012, changement de registre puisque j'ai opté pour Le père Noël est une ordure. J'ai souvent entendu les gens affirmer qu'ils préféraient la pièce de théâtre, personnellement je préfère le film. En effet, on trouve des ajouts de personnages, de situations et de dialogues dans le film qui sont aussi drôles que l'ensemble des éléments provenant directement de la pièce.
En arrivant pour leur permanence du réveillon de Noël, les bénévoles de l'association SOS détresse amitié n'ont aucune idée de la nuit agitée qu'ils vont vivre. Les catastrophes vont s'enchaîner les unes après les autres jusqu'au petit matin.
Ils étaient drôles les membres de l'équipe du Splendid (Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, etc.), il y a 30 ans. Ils étaient jeunes, neufs et apportaient un souffle nouveau en dépou…

Kokuriko zaka kara (2011) - Goro Miyazaki

"Les dessins animés japonais qui sont exécrables, qui sont terribles". Cette affirmation est de Ségolène Royal, formulée au cours de l'émission Midi 2 (extrait visible sur le site de l'ina ICI) en 1988 alors qu'elle venait défendre un amendement législatif pour la protection des enfants concernant la violence dans les programmes de télévision. Il y aurait beaucoup à dire sur le conservatisme, la condescendance, les préjugés et même une certaine forme de populisme qui l'animent pendant ce moment mais j'en resterai au sujet qui m'intéresse de développer ici, à savoir ces fameux dessins animés japonais. Elle a continué en 1989 dans un livre, Le ras-le-bol des bébés zappeurs, où elle s'en prend toujours à ces dessins animés japonais où elle n'y voit que la pire expression de la violence au sein d'histoires minimalistes et forcément la cause de tous les maux qui traumatisent la jeunesse française. Les politiques ne sont jamais responsables de …

Les bronzés 3 : Amis pour la vie (2006) - Patrice Leconte

Quand j'ai posté un court article à propos de la comédie Les bronzés le 20 août 2012, j'étais loin de m'imaginer qu'il allait connaître le succès qu'il connait encore aujourd'hui. Au dernier rapport mensuel de statistiques fait le 25 mai dernier, il était 3ème des 10 articles les plus lus de mon blog. Depuis un moment, il est lu 15 à 20 fois par jour. Pourtant, ce n'est pas ce que j'ai écrit de plus intéressant et il y a évidemment des films nettement plus intéressants même dans le seul registre de la comédie. Seulement voilà, c'était l'été et Les bronzés est devenu un classique de la comédie estivale que j'avais revu pour l'occasion, toujours avec le même amusement. J'aime bien voir et revoir des films à la période de l'année dans laquelle ils s'inscrivent.

Je dois bien l'avouer, c'est dans l'idée de réitérer le même succès de lecture que j'ai posté un autre article sur la suite Les bronzés font du ski en pé…