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A cause d'elles (2011) - Alain Souchon

Depuis l'enfance, Alain Souchon m'a toujours été familier et pourtant, à la maison, nous n'étions pas "souchonistes". Dans le répertoire français, c'était plutôt Brassens, Brel, MoustakiFerrat. C'est tout aussi honorable cela dit. Puis passée la période Chantal Goya et autres débilités que tout enfant de l'époque imposait à ses parents - des parents qui résistent plus ou moins aux monstruosités musicales que leurs chères progénitures adorent - je suis passé à Jacques Dutronc (mon premier disque "adulte" fût son 45 tours Merde in France (Cacapoum)  à l'âge de 9 ou 10 ans, c'est dire du niveau de la maturité. "T'es sûr que c'est ce que tu veux ?" m'avait demandé mon père. "Oui" avais-je répondu avec assurance) et Renaud (un coup de foudre pour l'album Renaud à Bobino. Il y avait des gros mots dans ses paroles, je pouvais les dire en chantant et en me défendant que ce n'était pas moi mais Renaud).

Mais pas de disque d'Alain Souchon. Pourtant, il était apprécié et finalement souvent présent. Je me souviens que dès que j'entendais une de ses chansons, mon attention se portait dessus. Des titres que tout le monde connait : J'ai dix ans, Bidon, Y'a d'la Rumba dans l'air, Allô maman bobo, C'est comme vous voulez, La ballade de Jim, Quand j'serai KO, Foule sentimentale, L'amour à la machine, C'est déjà ça, etc. Entre ses évocations de l'enfance, sa légèreté mélancolique, sa vision plutôt désabusée sur le monde et son regard finalement ironique sur les choses de la vie y compris sur lui-même, il est toujours sincère dans les thèmes qu'il aborde. L'album que je préfère en ce qui me concerne, c'est Au ras des pâquerettes sorti en 1999. La preuve, celui-là, je l'ai. 

Mais à chaque fois que je le voyais, que ce soit en photo, dans un clip, sur un plateau de télé, ou dans un film (L'été meurtrier, L'homme aux yeux d'argent) toujours cette impression d'être quelqu'un qui m'est familier et donc, entièrement sympathique. En écoutant son dernier album, A cause d'elles, je me demandai encore pourquoi cette impression en l'imaginant chanter. Et d'un seul coup le déclic ! Alain Souchon a une tête de croisé Shar Pei et Lévrier afghan. Indéniablement sympathique je vous dis.

Sympathique comme son dernier album, illustré par Sempé et composé principalement de chansons et comptines que sa mère lui chantait enfant. On découvre ou redécouvre ces textes qui, dans le fond, ne sont pas d'une grande gaieté mais, paradoxalement, qu'on imagine bien fredonnées dans une cour de récré. On  peut même être surpris de s'apercevoir qu'on a pu oublier une partie du texte de L'hirondelle.

"Qu'est-ce qu'elle nous a fait la p'tite hirondelle
Elle nous a volé trois p'tits sacs de blé
Nous la rattraperons la p'tite hirondelle
Et nous lui donnerons trois p'tits coups de bâton


Qu'est-ce qu'il nous a fait le petit ministre
Il nous a volé trois p'tits sacs de blé
Nous le rattraperons le petit ministre
Et nous lui donnerons trois p'tits coups de bâton"


Comme quoi toutes ces comptines apparemment innocentes avec leurs histoires d'oiseaux peuvent revêtir une portée un peu plus indisciplinée.

Il y a un inédit, Le jour et la nuit, texte de Souchon père et musique de Souchon fils et qui ne dépareille pas du reste. La piste 13 est un nouvel enregistrement de J'ai dix ans. Logique.

Alain Souchon a beau avoir passé les 60 balais, il a gardé au fond de lui un peu de son âme d'enfant, aux couleurs douces et chaudes qui ont dépeintes sur les paroles et la musique de son A cause d'elles. A l'image des dessins de Sempé.

Mais attention quand même à ne pas abuser de la nostalgie de l'enfance. Ça peut vous flinguer.


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