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Dirty Harry (1971) - Don Siegel


L'histoire est connue, Dirty Harry est le film qui a valu à Clint Eastwood d'être qualifié de fasciste, une réputation qu'il a trainée jusqu'à aujourd'hui. Certes, le personnage de l'inspecteur Harry Callahan n'est pas le plus ouvert des hommes mais de là à le traiter de fasciste, voilà un qualificatif que je n'ai jamais approuvé et que je n'approuverai jamais. Harry Callahan est un individualiste qui se place prioritairement du côté des droits des victimes plutôt que ceux des criminels, une position qui le conduit à  s'opposer régulièrement à une administration aveugle et sourde tant elle est enfermée dans des principes qu'il ne reconnait pas ; une position un brin caricaturale mais servant de nombreuses œuvres du même genre.

Il est assez rare de lire un sujet sur Dirty Harry ne se focalisant pas sur son aspect réactionnaire et dans les forums, il y a toujours une ou plusieurs personnes pour venir fustiger son supposé fascisme. Clint Eastwood a pu à de nombreuses reprises affirmer qu'il n'y avait jamais eu la moindre intention politique derrière ce film, Dirty Harry traine définitivement une réputation polémique ; tout comme son interprète car, à l'inverse de la plupart des cinéastes et des acteurs hollywoodiens, il n'est pas démocrate mais républicain.


Plutôt donc que de traiter de cet angle qui dans le fond ne m'intéresse pas, je souhaite d'abord mettre l'accent sur les qualités artistiques, et éventuellement les faiblesses, du premier long métrage mettant en scène Harry Callahan, Clint Eastwood l'ayant interprété finalement à cinq reprises (viendront s'ajouter Magnum force, The enforcer, Sudden impact et enfin The dead pool).

Je pense qu'il est possible de considérer ce film comme l'un des premiers représentants du polar urbain, dans ce que le genre peut avoir de moderne à l'époque. Nous avons un flic qui, face à la montée de la violence en ville, a décidé que la façon de faire devait être autre. Débarrassé de la paperasserie administrative, il faut agir.


En plus de l'intrigue principale où un déséquilibré fait régner la peur sur San Francisco, les activités policières quotidiennes de l'inspecteur Harry sont filmées. Là, il intervient sur le braquage d'une banque, ici, il empêche un homme de se suicider, etc. Et à chaque fois, il emploie la manière forte. En parallèle, la caméra suit Scorpio dont la voie vers la folie semble inéluctable. Quelques séquences en dehors du fil conducteur peuvent apparaitre comme des moments de remplissage afin que le film fasse une durée de cinéma raisonnable.

La mise en scène est de bonne tenue et un bon nombre de plans sont destinés à marquer les esprits comme plusieurs répliques d'une cruelle ironie. J'aime assez la bande originale composée par Lalo Schifrin, très seventies.

 Aujourd'hui, Dirty Harry est une référence et fait figure de classique dans le cinéma policier.

NB : ce que j'ignorais jusqu'à encore récemment est que Dirty Harry avait été inspiré par les crimes du tueur du Zodiaque à la fin des années soixante, en Californie.

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