Accéder au contenu principal

Comme un enfant perdu - Autobiographie (2016) - Renaud Séchan


Combien de livres au sujet de Renaud ont été publiés ? Je n'en ai aucune idée mais il en existe un paquet. Moi même, j'en ai deux. Un premier écrit par Régis Lefèvre, Dès que le vent soufflera, sorti en 1985 et un second que l'on doit à Thierry Séchan, le frère du chanteur, Bouquin d'enfer paru en 2002. Si je n'ai pas de souvenirs du contenu du livre de Lefèvre (ce ne serait pas inintéressant de se replonger dedans d'ailleurs), celui de Thierry Séchan m'a laissé un goût amer à sa lecture. En effet, le frère de Renaud n'hésite pas à faire part de ses convictions politiques, pour afficher des sympathies plus que douteuses, et visiblement bien éloignées de celles de son illustre cadet. De quoi regretter d'avoir participé financièrement à l'achat  d'une des chemises du frère Séchan.

La littérature sur Renaud est donc abondante et pas forcément satisfaisante ; et je ne compte pas le nombre invraisemblable d'articles dans les revues people "qui n'impriment, que des ragots, que des salades".  Il ne manquait donc que le principal intéressé pour s'y coller et en profiter peut-être pour remettre quelques pendules à l'heure.

Dès les premiers mots, j'ai retrouvé le Renaud que j'aime, dans sa façon de s'exprimer. Bien sûr, ne soyons pas dupes, il ne l'a pas écrit seul, on sait que pas mal d'artistes se font aider et Renaud ne se distingue pas des autres. A la fin, il remercie un certain Lionel Duroy qui l'a accompagné pendant la rédaction de son livre mais au moins, il n'y a pas de trahison dans le langage employé.

De son enfance jusqu'à son récent album, Renaud parcourt sa vie avec sincérité et honnêteté. Ainsi, il n'hésite pas à reconnaitre que son grand-père, le Oscar de la chanson qui porte son prénom, avait rejoint le PPF pendant l'occupation et que son père avait travaillé pour Radio Paris, pour traduire des textes. Pour Renaud, c'est un poids qu'il a du supporter toute sa vie.

Il éclaircit aussi les raisons qui l'ont conduit à sombrer deux fois dans un alcoolisme ravageur et qui lui a coûté deux mariages : une paranoïa aigüe, la première fois au cours et après un voyage en URSS où il a donné un concert qui s'est mal passé. Il s'est alors mis à voir des espions du KGB un peu partout jusqu'en bas de chez lui. La seconde fois, ce fut après un voyage à Cuba où ses angoisses sont remontées et il s'est mis à voir des agents cubains à chaque coin de rue.

Il évoque aussi ses souvenirs de tournage pour Germinal, pour lequel il a finalement accepté de jouer Lantier après plusieurs refus de sa part et surtout après avoir appris que Claude Berri avait, par défaut, proposé le rôle à Patrick Bruel. J'aurais apprécié qu'il écrive aussi quelques mots au sujet de son deuxième long métrage sorti en 2003, Crime spree, (devenu Wanted en France) car je me souviens qu'à l'annonce du lancement du tournage, j'ai d'abord cru à une blague. Renaud en compagnie de Gérard Depardieu, Johnny Hallyday, Saïd Taghmaoui, Richard Bohringer, Harvey Keitel et quelques autres dans un polar américain réalisé par Brad Mirman, scénariste de quelques navets avec Christophe Lambert, il y avait quand même de quoi exploser de rire devant un tel canular. Eh bien non, ce film existe bel et bien. On peut comprendre qu'il n'en parle pas, ce n'est pas du grand cinéma.

Les passages les plus touchants sont peut-être ceux où il évoque ses copains et ses amis, le désespoir que lui a causé la mort tragique de quelques-uns d'entre eux, Desproges, Coluche, et d'autres non célèbres.

Renaud lève également le voile sur la signification de certaines de ses chansons, notamment sur le personnage de Gérard Lambert sur lequel il ironise à deux reprises. Même si je m'en doutais fortement, il s'agit de Gérard Lanvin, à qui il piquera Dominique, sa première femme. J'aurais pourtant apprécié qu'il éclaircisse l'origine de Chanson dégueulasse qui me fait mourir de rire à chaque fois que je l'écoute, pourtant dans un album plutôt sombre, Putain de camion.

Je m'étais donné l'occasion d'exprimer mon admiration pour ce gars ICI. Depuis plus de trente ans, sa musique et ses mots m'accompagnent dans les bons et les mauvais moments, dans la grâce et la douleur. Je l'aimerai toujours.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Vertige (2011) - Franck Thilliez

J'ai découvert Franck Thilliez  il y a quelques années avec La chambre des morts , polar que j'avais apprécié lire. Plus tard, j'ai lu Train d'enfer pour ange rouge , thriller plutôt bien construit qui plonge le lecteur dans un univers qui se montre de plus en plus effrayant. J'ai achevé la lecture de  Vertige  récemment, son avant dernier livre qui me fait dire que l'auteur s'est amélioré entre ses premières œuvres et celle-ci ; Avec toujours ce goût pour les descriptions de scènes et situations morbides. Jonathan Touvier se réveille au fond d'une grotte glacée. Il est attaché au poignet par une chaîne qui restreint considérablement son champs de déplacement. Il y a son chien aussi, endormi et qui ne tardera pas à sortir du sommeil dans lequel il a été plongé. Deux autres hommes aussi se réveillent dans le même lieu : Farid, qui lui est enchaîné à la cheville et Michel, libre de ses mouvements mais qui a un masque de fer fixé autour de la tête. P...

Le Touquet - British Week : Week-end James Bond des 8 et 9 octobre 2011

Palais des Congrès - Entrée Pour la deuxième fois, Le Touquet organise la British Week. Débutée le samedi 8 octobre, elle s'achève dimanche prochain. La station se met "à l'heure anglaise" comme le proclame la municipalité. Cette année a été organisé un Week-end James Bond avec le Club français de l'agent secret britannique et plusieurs invités. Ceux qui me connaissent savent que je suis un mordu du personnage depuis pas mal d'années, depuis que j'ai 14 ans en réalité lorsque j'ai vu le tout premier James Bond, "Dr No". J'apprends ainsi qu'une conférence sur Ian Fleming  animée par un certain Jacques Layani, auteur de On ne lit que deux fois aura lieu au Palais des Congrès le samedi matin. L'après-midi est prévue la diffusion de "Tuer n'est pas jouer" suivi d'un entretien avec John Glen et Maryam d'Abo qui  sont respectivement le metteur en scène (ainsi que de quatre autres James Bond) et ...

Skyfall (2012) - Sam Mendes

Me rendre au cinéma pour découvrir le nouveau James Bond est une démarche qui se démarque de toutes les autres fois où je vais en salle. Dans un an, cela fera 25 ans que je me passionne pour ce personnage. Pour ses 50 ans de cinéma, l'espoir de vivre quelque chose d'excitant est plus intense que jamais. Sur la route, au volant de la voiture, je fais un dernier point. A l'exception de Away we go , j'ai vu tous les films de Sam Mendes  qui met ici en scène son premier Bond. J'ai aimé chacun de ses films et savoir que ce n'est pas juste un "faiseur" derrière la caméra est certainement ce qui m'emballe le plus. Il y a Daniel Craig  aussi bien sûr. Instantanément James Bond dans Casino Royale , il sauve à lui seul Quantum of solace  de la totale insipidité grâce à son jeu intense. Lorsque j'ai su que c'était Javier Bardem  qui incarnait l'ennemi du film, j'ai exprimé un "wahou" béat tant j'avais encore en tête son in...