Accéder au contenu principal

SPECTRE (2015) - Sam Mendes


Attention, quelques spoilers !
 
C'est avec une curiosité et une excitation à leur paroxysme que j'ai vu SPECTRE hier soir en avant première. En effet, le titre évoque des choses extrêmement intéressantes de l'univers bondien, que celles-ci proviennent des écrits de Ian Fleming ou des premiers films qui en sont issus. Il s'agit surtout de cette histoire d'amour entre James Bond et Teresa di Vicenzo qui se conclut tragiquement, faisant de Ernst Stavro Blofeld l'ennemi ultime de l'agent secret (cf. les romans On her Majesty's seret service et You only live twice). La première image du film renvoyait également à On her Majesty's secret service, le film.

Cependant, je ne voyais pas les producteurs se lancer dans un remake du seul film où joue George Lazenby ni Sam Mendes en réaliser un. Aussi, j'étais très pressé de découvrir comment le SPECTRE avait été ressuscité.

Ce qui attisait également ma curiosité était l'annonce de Christoph Waltz dans le rôle d'un certain Franz Oberhauser. Or, dans la nouvelle de Ian Fleming Octopussy, on apprend que James Bond a eu pendant son adolescence un professeur de ski du nom de Hannes Oberhauser. Etait-ce lié ? De plus, vu les bandes annonces, Franz Oberhauser semblait être à la tête du SPECTRE et leur passé effectivement lié. Mais, dans ce cas, qu'était devenu Blofeld ?

Ainsi, plusieurs questions se posaient, SPECTRE allait y répondre.


Le prégénérique est formidable. Après une mystérieuse phrase en lettres blanches sur fond noir "Les morts sont vivants", nous retrouvons James Bond à Mexico, au milieu de la fête des morts. Quelques péripéties spectaculaires ont lieu et le héros tue un certain Marco Sciarra. Après le générique, James Bond se fait remonter les bretelles par M (Ralph Fiennes), il agissait de lui même et non en mission officielle. Pourquoi ? Décidément, SPECTRE excite les interrogations.

L'ambiance est très noire et celle-ci est accentuée par l'absence de couleurs vives tout le long du métrage. Seule la Jaguar C-X75 orangée de M Hinx (Dave Bautista), l'homme de main, vient colorer le film dans une poursuite nocturne l'opposant à l'Aston Martin DB-10 de James Bond.

Malgré tout, certains traits d'humour sont présents mais pour rassurer les allergiques, on est très loin de celui qui avait cours pendant la période Roger Moore. Le Bond qu'interprète Daniel Craig est toujours celui qu'il a installé depuis Casino Royale.

Autre atout intéressant est le fait qu'à plusieurs reprises, James Bond ait besoin de l'assistance d'un membre du MI6, qu'il s'agisse de Q (Ben Wishaw, excellent), M ou Miss Moneypenny (Naomi Harris) qui n'est désormais plus clouée à sa chaise de bureau. Ce travail d'équipe est en adéquation avec la menace qui pèse sur le service (tout simplement sa disparition) et la section "00" (sa dissolution) pour être remplacés par des unités utilisant des drones.

J'ai également apprécié le fait que le lien était désormais clairement établi entre tous les Bond de Craig (Je le pressentais avec le personnage de M White qui apparait à nouveau) au cours d'un passage assez anxiogène pour le héros.

SPECTRE a néanmoins une faiblesse. A peu près en son milieu, le rythme se fait moins intense, il flotte ; au point de douter de la pertinence de ce à quoi on assiste. Le film aurait évidemment gagné en intensité, et en qualité, si cela n'avait pas été le cas. C'est plutôt regrettable. Heureusement, le final qui doit bien durer une vingtaine de minutes vient revigorer l'ensemble et Sam Mendes conclut magistralement son deuxième James Bond tout en restant fidèle à un principe posé par Ian Fleming : James Bond n'est pas un assassin.

Aujourd'hui, je peux affirmer clairement ce que je commençais à penser depuis Skyfall : Daniel Craig est le meilleur interprète de James Bond 007.


Commentaires

  1. Je sors de la projection, dans un très beau cinéma de Marseille. Je suis enthousiaste. Nous en reparlerons quand je serai chez moi. Le film est excellent, et Craig absolument impeccable.

    RépondreSupprimer
  2. Un peu en vrac, parce qu’il faudrait vraiment voir le film au moins une seconde fois, en attendant, bien sûr, le DVD qui permettra une lecture détaillée.
    La gamme chromatique est identique à celle de Skyfall. La présence de l’humain est de plus en plus forte. Elle est notamment introduite au moment du rythme très lent alternant avec les scènes d’action.
    On remarque l’excellence de la distribution, comme toujours, et le rôle bien augmenté de M, de Q et de Moneypenny, avec leur retour périodique dans l’action, et non plus une simple séquence avant le développement proprement dit.
    Deux excellentes idées : C, qui est la taupe du Spectre ; Oberhauser-Blofeld, élevé en même temps que Bond et jaloux de l’affection de son père pour le jeune James.
    Beaucoup d’humour dans les dialogues mais rien de grotesque.
    Les poursuites sont encore renouvelées (avion contre voitures, bateau contre hélicoptère).
    Le lien entre les quatre films interprétés par Craig est fait très intelligemment.

    RépondreSupprimer
  3. Ah oui, et deux choses encore :
    M. White devenu une épave, truand repenti et père inattendu qui fait confiance à Bond au point de lui parler de sa fille. C'est excellent car inattendu.
    Bond tenant Blofeld à sa merci, à la fin, et ne tirant pas, ce qui est, comme vous l'avez noté, tout à fait conforme à l'esprit de Fleming. Ce n'est pas seulement parce qu'il fallait garder le personnage pour plus tard, mais bien parce que Bond répugne à tuer.
    A propos de Blofeld, notons que l'acteur (Christoph Waltz) est certainement le meilleur Blofeld jamais incarné à l'écran. Je trouve que, physiquement, il correspond exactement à ce qu'il fallait.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

War for the planet of the apes (2017) - Matt Reeves

Le premier film de 2011 était très bon, le deuxième s'est révélé être une déception, celui-ci ne m'a pas franchement convaincu. Les premières minutes m'ont mis en confiance mais le soufflé est assez vite retombé.
Nous parlons de guerre entre les humains et les singes pour la domination de la terre mais aucun enjeu planétaire ne nous est illustré. Du début à la fin, nous restons dans un périmètre restreint où Woody Harrelson joue les Marlon Brando du pauvre dans Apocalypse now et où le spectateur est barbé par une jeune fille qui passe son temps à donner de l'eau à des singes emprisonnés.
Il y a bien des tentatives de développements scénaristiques, les humains qui peu à peu perdent leur humanité alors que les singes font de plus en plus preuve d'empathie, mais c'est nettement insuffisant. On se réveille un peu à la fin où un combat s'engage, militaires contre simiens. C'est trop court, voilà le générique de fin.
La 3D est plutôt bonne.

La maison de Gaspard a 6 ans

Six années que je mets en ligne des articles ; pour le plaisir.
Il y eut une première période essentiellement marquée par ma relecture des Fleming, suivie d'une autre consacrée principalement à un nouveau visionnage des James Bond, cette fois en Bluray, dévoilant ainsi des détails dans les films que je n'avais jamais remarqués. Il y eut aussi la lecture régulière des comics The walking dead, une série qui n'est pas encore achevée et qu'il faudra bien que je reprenne un jour ou l'autre. C'est aussi l'occasion de rédiger quelques impressions et avis sur les polars et thrillers que je lis, un genre qui me plait énormément.

Je me suis rendu compte également grâce aux libellés que j'accroche aux publications que les westerns tenaient une place assez conséquente parmi les longs métrages que je peux regarder. Je n'imaginais pas que ce genre occupait un tel intérêt chez moi ; et il me reste encore quelques cowboys à chroniquer.

Faire un tel exercice a chan…

24 - saison 8

Jack Bauer (Kiefer Sutherland) profite de sa retraite pour squatter le domicile de sa fille Kim à New-York et jouer au papy gâteau auprès de sa petite fille. Seulement, un complot va le contraindre à reprendre du service au sein de la cellule antiterroriste alors que parallèlement, la présidente américaine est sur le point d'obtenir un accord sur le nucléaire avec le dirigeant d'un pays fictif du Moyen Orient.

Une huitième saison assez laborieuse dans l'ensemble où trop souvent les personnages décident d'une action à mener puis se ravisent dans l'épisode suivant quand ce n'est pas dans le même. Dès le début, on ennuie le téléspectateur avec des intrigues secondaires sans grand intérêt conduisant à des scènes absurdes à l'image de ce contrôleur judiciaire qui va et vient dans les locaux de la cellule antiterroriste alors que son personnel tente par tous les moyens de contrôler une menace d'attentat des plus tendues. C'est à la fois énervant et risib…