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Django (1966) - Sergio Corbucci

Au début de l'année est sorti Django unchained de Quentin Tarantino et qui vient de sortir en vidéo. Dans la mesure où le cinéma de celui-ci fait constamment des références aux séries B et à la culture "bis", il n'était pas étonnant de voir que pour son premier western, il ait repris le titre de celui d'une longue liste de westerns italiens aux qualités très inégales et qui ont cherché à bénéficier du succès du Django de Sergio Corbucci sorti en 1966 avec Franco Nero dans le rôle principal. J'avais bien envie de voir Django unchained mais j'ai attendu trop longtemps. Aujourd'hui, les films doivent ramener un maximum d'argent sur la période la plus courte afin de laisser la place aux suivants le plus vite possible pour être ensuite lancé en vidéo dans le délai le plus rapide. Même si la dernière réalisation de Quentin Tarantino constitue son plus gros succès, son exploitation n'a duré que deux mois (source  Allociné). Il y a aussi le fait que si je ne me suis pas rué dans les salles pour le voir c'est qu'après l'excellente dilogie Kill Bill, Inglourious basterds m'avait fortement déçu.

Même si je n'ai toujours pas vu Django unchained, j'ai lu pas mal d'âneries à son sujet à propos de son supposé lien avec le western de Sergio Corbucci. Tantôt il s'agissait d'une suite, tantôt d'un remake ou encore d'une relecture. Non, rien de tout cela, seul le nom du personnage est identique même s'il n'empêche pas quelques clins d’œil dont une apparition de Franco Nero. Je pensais que le film de Corbucci était suffisamment connu pour éviter justement ce genre d'erreurs mais il faut croire que ce n'est pas le cas. Il faut se tourner vers les passionnés qui interviennent dans les forums (notamment celui de Devildead) pour lire des choses passionnantes et pertinentes sur les films de Corbucci et Tarantino.

Django (Franco Nero), étrange cow-boy taciturne vêtu d'un uniforme de soldat de l'Union et traînant derrière lui un cercueil débarque dans une ville fantôme aux rues et allées remplies de boue. Seul son bar poisseux et minable semble être, avec son tenancier et ses prostituées, le lieu comportant encore un peu de vie. Django s'installe à une table et attend. On apprend rapidement que deux bandes rivales, celles du Major confédéré Jackson (Eduardo Fajardo) et du général mexicain Hugo Rodriguez (José Bodalo), se font la guerre.


La première fois que j'ai vu Django, à l'âge de 12 ou 13 ans, je n'avais pas vraiment aimé. Je n'y avais vu qu'une copie de Per un pugno di dollari de Sergio Leone sans y retrouver le lyrisme auquel je m'attendais. Je suis un admirateur des films de Sergio Leone et après avoir eu la chance d'assister à une projection de Il buono, il brutto, il cattivo sur grand écran en 2003, il est devenu instantanément mon film préféré. Un jour peut-être, j'en écrirai tout le bien que je pense de ce chef-d'oeuvre. En 2004, Django est sorti en DVD, dans un coffret où l'on trouve aussi I quattro dell'apocalisse de Lucio Fulci, surtout connu pour ses productions horrifiques. Ma culture cinématographique s'étant étoffée et face aux commentaires élogieux que j'avais pu lire entre temps sur le film de Sergio Corbucci, j'ai acheté le DVD pour le revoir.

Sa mise en scène sèche, sa violence assez brutale ainsi que son ambiance noire et désespérée m'ont alors sauté aux yeux et ce fût encore le cas, il y a quelques jours. Et quel nihilisme ! Je peux reconnaître qu'il peut être difficile de rentrer dans cet univers où tout semble misérable mais si on y parvient, on pourra savourer la mordante ironie qui anime son metteur en scène.


- Qu'est-ce que tu dis ?
- Oh, rien d'important. Ce qui est important, c'est que vous allez tous mourir.

De plus, si l'on en croit ce qui est dit dans les reportages du DVD, il semble que la plupart des idées géniales du film ont été improvisées sur les lieux du tournage, que ce soit ce que renferme le cercueil de Django, les cagoules rouges des hommes du major Jackson (les visages des figurants ont été cachés de cette façon car jugés trop laids) ainsi que des pans entiers du scénario.

Avec Django, Sergio Corbucci frappe un grand coup et pourtant, il fera encore plus noir, violent et nihiliste 2 ans plus tard avec un autre western, Il grande silenzio, son chef-d'oeuvre. Je rédigerai aussi un article à propos de ce western un jour, l'un de mes préférés et qui a inspiré le dessinateur Yves Swolfs pour son excellente série de bande dessinée Durango, surtout pour le premier tome, Les chiens meurent en hiver.


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