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A view to a kill (1985) - John Glen


Je n'ai jamais beaucoup aimé A view to a kill et je suis toujours étonné de la relative bienveillance dont, souvent, il bénéficie. Après l'avoir revu récemment, mon avis ne se fera pas plus clément à son égard. En effet, tant il accumule les défauts et les faiblesses, il m'est apparu encore moins convaincant, à peine divertissant. Entre son scénario des plus basiques, la platitude de sa mise en scène, l'âge de son interprète principal et bien d'autres éléments négatifs, il faut faire preuve de tolérance pour rester accroché par le dernier James Bond de Roger Moore.

Pire, j'ai eu l'impression de retourner douze ans en arrière avec ce capitaine de police de San Francisco dont les gaffes et les mésaventures m'ont rappelé celles de l'insupportable shérif J. W Pepper du catastrophique Live and let die. Jusqu'à présent, je n'avais jamais fait le rapprochement mais il m'a cette fois sauté aux yeux. Tout cela n'est pas très bondien, le niveau relevant plus de Smokey and the bandit (Cours après moi shérif) avec Burt Reynolds. Si je veux voir des cascades en voitures sur fond d'humour redneck, ce n'est sûrement pas vers James Bond que je vais me tourner ; et ce n'est pas pour cette raison que l'univers de 007 me passionne depuis mes quatorze ans, encore moins depuis ma relecture consciencieuse des Fleming.

Dans A view to a kill, qu'est-ce qui maintient l'attention ? Le saut en parachute du haut de la Tour Eiffel ? En effet, ce moment sort du lot et... et quoi d'autre ? Q fait joujou avec un véhicule téléguidé, une Renault 11 est coupée en quatre au cours de différentes cascades dans Paris tout en continuant de rouler, les péripéties sur le Golden Gate Bridge sur fond d'écran sont risibles, Tanya Roberts (la Bond girl principale) est en âge d'être la fille de Roger Moore, c'est donc assez gênant de les voir batifoler sous la douche en fin de film ; et ainsi de suite. Constamment, A view to a kill aligne les défauts.

Il y a bien Christopher Walken, très bon dans le rôle de Max Zorin, cet industriel psychotique issu des manipulations d'un ancien docteur nazi. Oui mais c'est un peu maigre ; d'autant plus que celle qui la seconde, May Day (Grace Jones dont le jeu d'actrice est des plus limités) finira par se rallier à James Bond dans les dernières minutes. Ainsi, le combat au sommet annoncé par les affiches (Has James Bond finally met his match ? - James Bond a t-il enfin trouvé adversaire à sa taille ?) n'aura pas lieu.

Le duo James Bond/Sir Godfrey Tibett c'est à dire Roger Moore/Patrick MacNee est quant à lui plutôt sympathique mais l'ancien interprète de John Steed n'est plus non plus de prime jeunesse. D'ailleurs, les voir causer sur un balcon du château de Chantilly me fait toujours penser aux deux vieux du Muppet show, Statler et Waldorf.

Il ne s'agit pas de faire le procès de l'âge des interprètes ou de s'allier à la mode du jeunisme mais entre Roger Moore et les cascades réalisées par ses doublures, il y a là un manque flagrant de crédibilité ne permettant pas de croire aux actions effectuées par le héros. Quant aux scènes réalisées sur fond bleu, les effets sont si grossiers que là encore, souvent, ce qui se passe à l'écran parait invraisemblable. A la limite, je préfère encore les stupidités spatiales de Moonraker, les effets spéciaux étaient mieux finis.

Faut-il continuer à énumérer tout ce qui ne fonctionne pas ? Le personnage de Ian Fleming ne méritait pas un tel traitement.

Scénario basique, mise en scène terne, trop lent, trop mou, poussif et ennuyeux, A view to a kill n'arrive jamais à décoller, à surprendre et à installer une quelconque forme de suspense ; et c'était évident dès les premières minutes, les scénaristes nous refont sans aucune imagination ou originalité, le coup du mégalomane qui veut étendre son pouvoir, ici avoir le monopole au niveau mondial du marché des puces électroniques en détruisant la Silicon Valley.

La trop longue période Roger Moore s'achève sur un film décevant, il était plus que temps de passer la main.

L'image du Blu-ray est très belle mais la qualité de la restauration, aussi poussée soit-elle, n'amoindrit pas les défauts du film.


Commentaires

  1. Enfin, avec ce film s'achève l'époque de Bond-Moore. Il était temps, on va pouvoir passer aux choses sérieuses.
    Grace Jones n'est certes pas une actrice, mais elle a dans ce film, que je n'ai plus vu depuis bien longtemps il est vrai, quelque chose de fascinant. Son côté androgyne ? Son allure un peu sauvage ? Sa voix ? Je ne sais pas bien.
    A propos du saut en parachute, vous n'ignorez pas qu'il est impossible de faire ça du haut de la tour Eiffel : elle n'est pas assez haute pour cela et le parachutiste s'écraserait forcément avant l'ouverture de la protectrice corolle. Mais enfin, on est chez Bond, n'est-ce pas ?
    La Renault 11 coupée en morceaux qui roule cependant est aussi ridicule que la gondole dans les rues d'un film précédent. On est dans la clownerie. Moore est un comique ridicule et les scénaristes du moment de grands rigolos qui ne me font pas rire du tout.

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  2. Il me semble pourtant que la cascade a été réalisée réellement. Cela dit, oui, un minimum de préparation est évidemment nécessaire avant de sauter du haut de la Tour Eiffel, cela ne peut être improvisé comme dans le film. C'est peut-être le meilleur moment de A view to a kill.
    Concernant Grace Jones, vraiment, je n'accroche pas tant je ne la trouve pas bonne. Elle n'a pourtant pas grand chose à faire mais même cela, elle n'y arrive pas.
    Bien vu la comparaison Renault 11 et la gondole de Moonraker, on est dans le même registre, la même clownerie. Arrive The living daylights qui rectifiera le tir pour le confirmer ensuite avec Licence to kill.

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