Accéder au contenu principal

Life of Pi (2012) - Ang Lee

Je suis allé voir Life of Pi il y a quelques jours sans rien connaitre du film si ce n'est sa bande annonce et le nom de son metteur en scène, Ang Lee. J'en connaissais donc le minimum, l'histoire d'un jeune homme qui, à la suite du naufrage du cargo sur lequel il se trouvait, trouve refuge à bord d'un canot de sauvetage en compagnie... d'un tigre. Les images de la bande annonce m'avait complètement conquis. Avant de voir le film, j'ignorais qu'il s'agissait de l'adaptation d'un roman écrit par un certain Yann Martel dont je ne connaissais même pas l'existence.

De Ang Lee, je n'avais vu que Crouching tiger, hidden dragon (beau mais un peu ennuyeux), Hulk (décevant, le metteur en scène semblant trop ceinturé par le cahier des charges imposé par Marvel et Universal) et Brokeback mountain (touchante histoire d'amour entre deux cow-boys homosexuels, une réussite).

Dans son dernier long métrage, Pi est un indien originaire de Pondichéry qui raconte à un écrivain l'incroyable voyage qui l'a conduit jusqu'au Canada alors qu'il n'était qu'un jeune homme. Son père, directeur d'un parc zoologique est dans l'obligation de déménager ses animaux jusqu'au Canada car il n'était pas propriétaire du terrain qu'il occupait avec le zoo. Avec ses parents et son frère, il embarque dans un cargo qui fera naufrage en pleine tempête au milieu de l'océan Pacifique. Pi, seul survivant humain parvient à monter dans un canot de sauvetage en compagnie d'un Orang-Outan, un zèbre, une hyène et un tigre du Bengale. La hyène tue le zèbre puis l'orang-outan et le tigre tue la hyène. Pi et le tigre vont alors devoir cohabiter sur le canot à la dérive pendant de nombreux jours.

Si le premier tiers de Life of Pi comporte quelques longueurs, une fois à bord du canot, l'histoire monte en intensité et Ang Lee joue à stimuler toute la palette d'émotions de l'être humain à travers un film rempli d'images splendides au sein d'une 3D d'une subtilité rarement vue. Plusieurs fois, je me suis demandé comment avaient été élaborés les nombreux plans où l'acteur et le tigre sont ensembles devant la caméra. J'imaginais bien quelques subterfuges numériques mais c'est en lisant des sujets sur le film le lendemain que j'appris que le tigre était la plupart du temps entièrement en images de synthèse. C'est bluffant de réalisme ! Un nouveau cap dans les effets spéciaux vient à nouveau d'être franchi.

L'histoire, peu à peu, prend la forme d'un récit initiatique, tantôt terrible, tantôt onirique et souvent merveilleux. La fin réserve une surprise inattendue en ce qui me concerne (et que je ne dévoilerai pas) et qui interroge sur le sens véritable à donner à cette aventure. Il existe des oeuvres dont on sort grandi et Life of Pi fait partie de celles-ci.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Magnum Force (1973) - Ted Post

Malgré les foudres qui se sont abattues sur Dirty Harry en 1971, Clint Eastwood récidive deux ans plus tard avec ce Magnum Force où il enfile à nouveau le costume de l'inspecteur Harry Callahan. Je pourrais, comme beaucoup (trop) d'autres expliquer que cette suite est une réponse au supposé fascisme du personnage et du film précédent parce que l'inspecteur se trouve confronté à des flics qui n'hésitent pas à assassiner toutes sortes de délinquants, mafieux, proxénètes et autres individus responsables de tous les maux de la société et que Harry est loin d'approuver leurs méthodes.


Mais je ne ferais que répéter un discours qui m'inscrirait dans une chaîne moutonnière sans faire preuve du moindre esprit critique. Alors non. Quand on s'apprête à regarder un film dont les affiches mettent en évidence un Clint Eastwood brandissant un énorme revolver vers le public en exagérant délibérément la perspective, il ne faut pas s'attendre à un spectacle des plus tol…

Vertige (2011) - Franck Thilliez

J'ai découvert Franck Thilliez il y a quelques années avec La chambre des morts, polar que j'avais apprécié lire. Plus tard, j'ai lu Train d'enfer pour ange rouge, thriller plutôt bien construit qui plonge le lecteur dans un univers qui se montre de plus en plus effrayant. J'ai achevé la lecture de Vertige récemment, son avant dernier livre qui me fait dire que l'auteur s'est amélioré entre ses premières œuvres et celle-ci ; Avec toujours ce goût pour les descriptions de scènes et situations morbides.
Jonathan Touvier se réveille au fond d'une grotte glacée. Il est attaché au poignet par une chaîne qui restreint considérablement son champs de déplacement. Il y a son chien aussi, endormi et qui ne tardera pas à sortir du sommeil dans lequel il a été plongé. Deux autres hommes aussi se réveillent dans le même lieu : Farid, qui lui est enchaîné à la cheville et Michel, libre de ses mouvements mais qui a un masque de fer fixé autour de la tête. Par une let…

Montreuil sur Mer & On her Majesty's secret service (Ian Fleming, 1963)

"160, 170, 180. Il ne gagnait pas de terrain. Il se pencha vers le tableau de bord et pressa un bouton rouge. La plainte aigüe de la mécanique lui déchira les tympans et la Bentley fit un bond en avant. 190, 200. Cette fois la distance qui le séparait du cabriolet diminua : 50 mètres, 40, 30 ! Maintenant, il pouvait apercevoir les yeux de la fille dans le rétroviseur de la Lancia. Mais la route allait cesser d'être bonne : un de ces points d'exclamation, qui en France, signalent un danger, surgit sur la droite. Puis, après une côte, apparurent le clocher d'une église et les maisons d'un petit village, tassées en bas d'une colline abrupte.
Les deux voitures ralentirent, 140, 130, 120. Bond vit les feux stop du cabriolet s'éclairer un instant, la main droite de la fille chercha au plancher le levier de vitesse, presque en même temps que lui. Ils étaient maintenant dans le virage en S. La route était pavée et Bond, tout en se cramponnant à son volant pour gar…