Accéder au contenu principal

Deliria (1987) - Michele Soavi


Deliria, plus connu en France sous le titre de Bloody bird (allez comprendre la logique des traductions) avait marqué les amateurs du genre à sa sortie.

Des comédiens répétant une comédie musicale dans un théâtre se trouvent confrontés à un tueur en série qui les élimine un par un à coups de couteaux, haches, perceuses et autres objets détournés de leurs fonctions d'origine.

Après avoir revu le film de Michele Soavi récemment, le constat est plutôt à la déception. Le film de Michele Soavi a vieilli. C'est plutôt cruel d'écrire cela car le metteur en scène  ne se contente pas d'aligner platement les meurtres comme n'importe quel tâcheron. La comédie musicale répétée s'inspire des agissements de Irving Wallace, le même tueur qui les décime les uns après les autres et en cela, Deliria propose une sorte de mise en abyme intéressante et un propos qui se distingue de n'importe quelle production horrifique des années quatre-vingt.

Il est donc plutôt cruel de rédiger une telle sentence car le metteur en scène prend la peine d'installer son ambiance, de soigner ses plans et ses instants de suspense. En fait, la première partie de Deliria s'attarde trop sur les mésententes et les conflits entre les acteurs de la troupe et le metteur en scène. Nous ne sommes pas là pour voir ce genre de heurts mais pour frémir. Ce n'est que dans la dernière demi heure que l'horreur explosera vraiment. Le tueur installe sur la scène les corps mutilés de ses victimes, au milieu de mannequins démantibulés et sous le regard effrayé d'une survivante cachée dans un recoin et obsédée par la clé coincée au milieu des planches de la scène, pouvant lui ouvrir la porte vers la liberté. Le tableau est remarquablement troublant.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Vertige (2011) - Franck Thilliez

J'ai découvert Franck Thilliez il y a quelques années avec La chambre des morts, polar que j'avais apprécié lire. Plus tard, j'ai lu Train d'enfer pour ange rouge, thriller plutôt bien construit qui plonge le lecteur dans un univers qui se montre de plus en plus effrayant. J'ai achevé la lecture de Vertige récemment, son avant dernier livre qui me fait dire que l'auteur s'est amélioré entre ses premières œuvres et celle-ci ; Avec toujours ce goût pour les descriptions de scènes et situations morbides.
Jonathan Touvier se réveille au fond d'une grotte glacée. Il est attaché au poignet par une chaîne qui restreint considérablement son champs de déplacement. Il y a son chien aussi, endormi et qui ne tardera pas à sortir du sommeil dans lequel il a été plongé. Deux autres hommes aussi se réveillent dans le même lieu : Farid, qui lui est enchaîné à la cheville et Michel, libre de ses mouvements mais qui a un masque de fer fixé autour de la tête. Par une let…

You only live twice (1964) - Ian Fleming

"La geisha "Feuille Tremblante", agenouillée à côté de James Bond, se pencha en avant et l'embrassa chastement sur la joue droite.
- Ça, c'est tricher, dit James Bond avec sévérité. Vous aviez accepté, si je gagnais, de me donner un vrai baiser : sur la bouche. C'est un minimum, ajouta t-il.
"Madame" Perle Grise avait les dents laquées de noir, signe de grande distinction ;  son maquillage était si épais qu'on aurait pu la croire sortie d'une pièce de théâtre No. Elle traduisit. Il y eut des rires étouffés, des cris d'encouragement. Feuille Tremblante cacha son visage dans ses jolies mains comme si on lui avait demandé de se livrer à la pire des obscénités. Elle écarta ses doigts, examina la bouche de Bond de ses yeux bruns et vifs, comme si elle visait, et s'élança. Cette fois le baiser était bien sur les lèvres, et elle s'y attarda. Invite ? Promesse ?"

A la fin de On her Majesty's secret service, James Bond se mariait…

La maison de Gaspard ferme ses portes

Je me souviens parfaitement de la première fois que j'ai vu Gaspard. Il jouait dans un box avec son frère chez l'éleveur où je m'étais rendu avec l'intention d'acquérir un chien. En entrant dans le hangar où se trouvaient les box, il a arrêté de jouer et s'est assis devant la porte grillagée en me regardant. J'ai su immédiatement que je repartirais avec lui. Il avait trois mois et demi.
Chiot, il a fait quelques conneries. Il a bouffé un mur, déchiqueté un livre mais ce n'est rien par rapport à la joie qu'il a apporté pendant toutes ces années. A de nombreuses reprises, il m'a accompagné en randonnée en montagne dans les Alpes et dans les Pyrénées. Il restait toujours à vue d’œil et attendait assis quand il ne me voyait plus.
Un jour, dans la résidence où j'habitais et alors que je revenais de balade avec lui, un rottweiler a foncé sur moi. Gaspard n'a pas hésité à se placer devant moi et à se battre frontalement avec ce chien ; alors q…