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Under the dome - Roman 1 (2009) - Stephen King


"A deux mille pieds d'altitude, Claudette Sanders prenait une leçon de pilotage. La petite ville de Cherster's Mill étincelait dans la lumière du matin, pimpante comme si elle venait juste d'être créée. Des voitures roulaient au pas dans Main Street, renvoyant les clins d'oeil du soleil. Le clocher de la première église congrégationaliste paraissait assez effilé pour transpercer le ciel sans nuages. Le soleil courait à la surface de la Prestrile, suivant la progression du Seneca V ; avion et cours d'eau coupaient la ville selon la même diagonale.
(...)
"La journée est absolument magnifique !" s'exclame Claudie.
Chuck rit.
Il leur restait quarante secondes à vivre".

L'avion percutera un dôme invisible qui entoure exactement les limites territoriales de la ville de Chester's Mill dans le Maine. D'autres accidents surviendront dans les minutes suivantes : un camion, une voiture mais aussi des oiseaux heurteront ce mur imperceptible qui soudainement coupe du monde les 2000 habitants de cette commune d'apparence tranquille. Dès lors, la population devra s'organiser face à cette strupéfiante situation tandis que les hauts responsables du gouvernement américain soupçonnent un agissement terroriste.

Jusqu'au milieu des années 90, je lisais régulièrement Stephen King ou Richard Bachman, pseudonyme qu'il utilisa pour écrire certains de ses romans. Il faut dire que dans les années 80 il était devenu l'auteur incontournable dans le domaine des romans fantastiques et d'épouvante, à juste titre. Je me souviens avoir lu The shining en deux jours les mains moites de peur alors que j'attendais de guérir d'une bronchite. Je considère encore aujourd'hui que c'est ce que j'ai lu de mieux de la part de cet auteur et Stanley Kubrick ne s'est pas trompé sur la profondeur angoissante de ce roman en l'adaptant en 1980. C'est aussi l'une des plus brillantes réalisations de ce metteur en scène majeur du 7ème art. Mais j'ai eu aussi beaucoup de plaisir à me faire peur en lisant par exemple CujoChristine, It, The dark half, Night shift, Skeleton crew, Four past midnight, etc. Je n'ai pas tout lu, il est prolifique Stephen King.

Les producteurs hollywoodiens s'arrachaient les droits d'auteur pour en faire des films et des téléfilms pour le meilleur (Carrie, The dead zone, Cujo, Christine, Pet sematary, MiseryStand by me) et pour le pire (Silver bullet, Tales from the darkside : The movie, The mangler, It). En revanche, je ne sais pas où classer The running man. Le livre est un récit d'anticipation très noir tandis que le film est une adaptation très libre, assez comique mise en scène par Paul Michael "Starsky" Glaser avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal. En soi, le film n'est pas mauvais (ceci dit, ça fait au moins 15 ans que je ne l'ai pas vu, il a peut-être mal vieilli) mais très éloigné du bouquin. L'énumération est loin d'être exhaustive mais témoigne de la prolifération des adaptations. Ça remplissait les caisses des producteurs. Stephen King lui-même a adapté Trucks, nouvelle issue de son recueil Night shift. Son passage derrière la caméra avait donné Maximum overdrive avec Emilio Estévez. Suite au passage d'une comète près de la terre, les machines se mettent à agresser les humains. La plus grande partie du film se déroule dans une station service où une poignée de personnes tente de survivre à l'assaut de poids-lourds sur fond d'une bande-son issue du répertoire d'AC/DC.

Puis, j'ai fini par lâcher Stephen King, Needfull things étant le dernier bon roman que j'ai lu de lui ; et encore, j'estimais déjà que le niveau avait baissé. J'ai laissé tomber le cycle de la tour sombre en cours de route, à son 3ème tome, The wasted lands, tellement c'était long et sans grand intérêt à mes yeux. Je trouvais également qu'il rallongeait ses livres de façon artificielle en développant des intrigues secondaires peu pertinentes et en s'étalant trop longuement et trop systématiquement sur des considérations et réflexions sur les peurs et angoisses enfantines. Le procédé devenait trop voyant et rébarbatif.

Ainsi, je n'ai plus ouvert un Stephen King depuis une dizaine d'années, d'autant plus que les critiques se faisaient globalement moins élogieuses ; jusqu'à ce Under the dome dont le sujet m'a tout de suite attiré. Comme vous l'aurez compris, une petite ville se retrouve enfermée dans un dôme invisible qui empêche toute sortie et toute entrée dans l'exacte frontière de son territoire. On peut alors faire quelques suppositions sur ce qu'il peut arriver dans ce type de situation notamment sur les enjeux de pouvoir.

Under the dome se lit un peu comme on suit une série dont on attend avec impatience le prochain épisode pour connaitre la suite des événements et le devenir des personnages. Et comme il s'agit ici du roman 1, c'est un peu la 1ère saison de cette histoire que l'on lit, d'autant plus que chaque chapitre a un titre, comme les épisodes d'une série. Plus on avance dans le récit, plus la situation est tendue et on sent qu'elle peut déraper à tout moment à cause d'intérêts antagonistes (sociaux, politiques, religieux, etc.) entre plusieurs personnages dont certains sont au bord de la folie psychotique. D'ailleurs, on se rend peu à peu compte que si le missile prévu d'être lancé sur ordre du gouvernement n'arrive pas à percer le dôme, toutes ces forces qui s'opposent vont se libérer et s'affronter. Et le dôme restera intact...

Jim Rennie, deuxième conseiller municipal républicain et bigot intégriste, manipulera les autres élus et la population pour asseoir son pouvoir et installer peu à peu une dictature en renforçant la police et accuser ses adversaires de plusieurs crimes. Face à lui, Dale Barbara, vétéran de la guerre d'Irak, tentera de dénoncer ses coups fourrés aidé par une poignée d'habitants. On peut y voir une parabole de l'Amérique de Bush.

S'il est ardu au début de la lecture d'identifier chaque personnage (il y en a beaucoup), on prend de plus en plus plaisir à observer cette galerie tantôt sympathique, tantôt méprisable. L'un des meilleurs passages est certainement l'assaut du supermarché local, moment terrifiant sur ce qu'il signifie à propos de "l'homo-consommatus" mais aussi drôle tant certains comportements sont pathétiques, grotesques.

A la fin du roman 1, Dale Barbara est mis en échec ; Et on a très envie de s'attaquer au roman 2.

A suivre...


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