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Articles

The godfather (1972) - Francis Ford Coppola

Dans le top 3 de mes films favoris, The godfather est en deuxième position. Je l'ai pourtant peu regardé. Il est le genre de long métrage dont il faut maintenir la rareté pour en apprécier la valeur. En rédiger une chronique n'est pas chose aisée tant, avant tout, il se contemple : précision de la mise en scène, intelligence du scénario, talent des acteurs, subtilité de la musique. Quand est évoqué le premier opus de ce qui deviendra une trilogie, on pense d'abord à Marlon Brando mais c'est pourtant Al Pacino qui domine ; et qui dominera dans les films suivants. The godfather est avant tout le récit de l'ascension du fils d'une famille mafieuse que rien ne prédisposait à en prendre la tête, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Depuis 1972, le choix du tout jeune Al Pacino pour le rôle de Michael Corleone sonne comme une évidence. Que ce soit dans sa voix, son regard, ses silences, il a en lui l'autorité pour incarner l'héritier du pa...

Coogan's bluff (1968) - Don Siegel

La collaboration Don Siegel / Clint Eastwood a donné un chef d’œuvre, The beguiled , et l'un des plus célèbres et controversés polars, Dirty Harry . D'autres films les réunissent dont ce Coogan's bluff de 1968. Clint Eastwood y interprète Walt Coogan, un shérif de l'Arizona envoyé à New-York pour récupérer et ramener un détenu. Bien sûr, la mission qui lui a été confiée ne sera pas de tout repos. Coogan's bluff n'est pas un long métrage satisfaisant. Face à Clint Eastwood, Don Siegel ne possède pas encore la maîtrise dont il fera preuve par la suite en le filmant (ils feront ensemble cinq films) et la star n'a pas l'entière maturité pour incarner un représentant de l'ordre aux méthodes expéditives, telle qu'il l'aura seulement trois ans plus tard dans Dirty Harry . Rapidement, Coogan's bluff prend la forme d'une succession de scènes placées pour rythmer un scénario qui ne brille pas par son originalité. C'est très rout...

Joe Kidd (1972) - John Sturges

Pour les westerns, John Sturges, c'est Gunfights at the O.K. Corral , Last train from Gun Hill , The magnificent seven ; et Clint Eastwood, c'est l'homme sans nom chez Sergio Leone : Per un pugno di dollari , Per qualche dollaro in più , Il buono, il brutto, il cattivo . Lorsque les deux se retrouvent dans le même générique, cela donne... Joe Kidd ... un western totalement anecdotique. L'histoire oppose des mexicains à des colons américains qui s'approprient leurs terres. Joe Kidd ( Clint Eastwood) se voit contraint de poursuivre le chef des rebelles mexicains, un certain Chama (John Saxon). Le propos du film est clairement en faveur des mexicains opprimés. Les représentants de l'ordre américain sont dépeints comme de vrais salopards, Franck Harlan (Robert Duvall) en tête. L'idée de départ, quoi que classique, n'est pas inintéressante mais l'ensemble est loin d'être convaincant. Un certain nombre de défauts et d'insuffisance...

Rêver (2016) - Franck Thilliez

" D'une main tremblante, Abigaël Durnan sortit une Marlboro de son paquet et la planta entre ses lèvres. Le déclic provoqué par le briquet Zippo monopolisa son attention. Elle ne fumait pas, mais elle avait appris  à voir, écouter, sentir comme nul autre, et cette fois encore, chaque détail de son environnement revêtait son importance. Autour d'elle, le triage-lavoir abandonné brûlait. Les flammes rouges couraient comme des dizaines de diables le long des murs crasseux. Ils croquaient les poutres usées, jonglaient avec les braises, crachaient leurs rouleaux de fumée noirâtre. Plus aucun moyen de redescendre par l'escalier en feu ni aucune autre issue. Abigaël se retrouvait piégée ici, à plus de quinze mètres de haut au milieu de nulle part, et personne n'entendrait ses cris. Bientôt, elle brûlerait vive. " Avant la première page de son nouveau thriller, Franck Thilliez prévient le lecteur : il y a des précautions à prendre, comme prêter attention à...

Les westerns de Sergio Sollima

L'histoire du western italien veut qu'il y ait trois Sergio représentatifs du genre : Sergio Leone que l'on ne présente plus tant sa renommée a traversé les frontières et les années, Sergio Corbucci dont la noirceur a marqué et marque encore aujourd'hui ceux qui s'intéressent à lui, un nombre  qui a peu à peu grandi au fil des années et enfin, Sergio Sollima qui n'aura livré que trois westerns transalpins : La resa dei conti , Faccia a faccia et Corri uomo corri . Ma découverte de ces films est récente. Selon quelques articles que j'avais lu bien avant de les regarder, les westerns de Sergio Sollima faisaient état d'un propos politique dans leur façon de prendre parti pour les faibles face aux puissants. Dans La resa dei conti (1966), Jonathan Corbett (Lee Van Cleef), chasseur de primes candidat aux élections sénatoriales, se lance dans la traque de Cuchillo (Tomas Milian), accusé du viol et du meurtre d'une fillette. Avec Faccia a faccia ...

The dead pool (1988) - Buddy Van Horn

Cinquième et dernier volet de l'inspecteur Harry, on ne peut pas dire que The dead pool soit une franche réussite. Le format 2.35:1 est abandonné pour un 1.85:1 moins immersif, d'autant plus que la photo adopte des couleurs lui donnant un aspect téléfilm. L'idée de base au scénario, une liste noire tentant de prévoir les prochains morts parmi des célébrités dont Harry Callahan, n'est pourtant pas inintéressante mais méritait des développements plus poussés que cet alignement de scènes convenues illustrées par une mise en scène sans grande imagination. Submerge, finalement, une poursuite avec une voiture miniature téléguidée rempli d'explosifs ; mais un peu idiote, il faut bien le reconnaitre. Le personnage de l'inspecteur est aussi considérablement lissé. Affublé d'un adjoint asiatique et suivi au quotidien par une femme journaliste, on s'attend à quelques remarques scandaleuses et aigries mais rien ne viendra froisser les oreilles attentives ...

Sudden impact (1983) - Clint Eastwood

Dans la continuité des trois précédents opus, Harry Callahan ( Clint Eastwood ) est sans cesse en lutte contre toutes sortes de délinquants et perpétuellement en confit avec l'administration et ses exigences procédurales ; ce qui donne quelques scènes plus ou moins amusantes à suivre ; et pareillement, il y a une trame centrale : nous assistons à ce qui semble être une quête vengeresse menée par une troublante femme blonde ( Sondra Locke ) qui élimine successivement différents hommes. La blonde en question, nommée Jennifer Spencer, assassine les auteurs de deux viols, le sien et celui de sa sœur, qui se sont déroulés plusieurs années auparavant, au cours d'une soirée qui a viré au cauchemar. Harry Callahan qui enquête sur ces meurtres découvrira les raisons de la vengeance de Jennifer Spencer et c'est là que surgira à nouveau toute l'ambiguïté du personnage, celle des deux premiers films. L'inspecteur fera en sorte qu'elle reparte libre. Ainsi, il se sub...