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Articles

Affichage des articles associés au libellé polar

Coogan's bluff (1968) - Don Siegel

La collaboration Don Siegel / Clint Eastwood a donné un chef d’œuvre, The beguiled , et l'un des plus célèbres et controversés polars, Dirty Harry . D'autres films les réunissent dont ce Coogan's bluff de 1968. Clint Eastwood y interprète Walt Coogan, un shérif de l'Arizona envoyé à New-York pour récupérer et ramener un détenu. Bien sûr, la mission qui lui a été confiée ne sera pas de tout repos. Coogan's bluff n'est pas un long métrage satisfaisant. Face à Clint Eastwood, Don Siegel ne possède pas encore la maîtrise dont il fera preuve par la suite en le filmant (ils feront ensemble cinq films) et la star n'a pas l'entière maturité pour incarner un représentant de l'ordre aux méthodes expéditives, telle qu'il l'aura seulement trois ans plus tard dans Dirty Harry . Rapidement, Coogan's bluff prend la forme d'une succession de scènes placées pour rythmer un scénario qui ne brille pas par son originalité. C'est très rout...

Rêver (2016) - Franck Thilliez

" D'une main tremblante, Abigaël Durnan sortit une Marlboro de son paquet et la planta entre ses lèvres. Le déclic provoqué par le briquet Zippo monopolisa son attention. Elle ne fumait pas, mais elle avait appris  à voir, écouter, sentir comme nul autre, et cette fois encore, chaque détail de son environnement revêtait son importance. Autour d'elle, le triage-lavoir abandonné brûlait. Les flammes rouges couraient comme des dizaines de diables le long des murs crasseux. Ils croquaient les poutres usées, jonglaient avec les braises, crachaient leurs rouleaux de fumée noirâtre. Plus aucun moyen de redescendre par l'escalier en feu ni aucune autre issue. Abigaël se retrouvait piégée ici, à plus de quinze mètres de haut au milieu de nulle part, et personne n'entendrait ses cris. Bientôt, elle brûlerait vive. " Avant la première page de son nouveau thriller, Franck Thilliez prévient le lecteur : il y a des précautions à prendre, comme prêter attention à...

The dead pool (1988) - Buddy Van Horn

Cinquième et dernier volet de l'inspecteur Harry, on ne peut pas dire que The dead pool soit une franche réussite. Le format 2.35:1 est abandonné pour un 1.85:1 moins immersif, d'autant plus que la photo adopte des couleurs lui donnant un aspect téléfilm. L'idée de base au scénario, une liste noire tentant de prévoir les prochains morts parmi des célébrités dont Harry Callahan, n'est pourtant pas inintéressante mais méritait des développements plus poussés que cet alignement de scènes convenues illustrées par une mise en scène sans grande imagination. Submerge, finalement, une poursuite avec une voiture miniature téléguidée rempli d'explosifs ; mais un peu idiote, il faut bien le reconnaitre. Le personnage de l'inspecteur est aussi considérablement lissé. Affublé d'un adjoint asiatique et suivi au quotidien par une femme journaliste, on s'attend à quelques remarques scandaleuses et aigries mais rien ne viendra froisser les oreilles attentives ...

Sudden impact (1983) - Clint Eastwood

Dans la continuité des trois précédents opus, Harry Callahan ( Clint Eastwood ) est sans cesse en lutte contre toutes sortes de délinquants et perpétuellement en confit avec l'administration et ses exigences procédurales ; ce qui donne quelques scènes plus ou moins amusantes à suivre ; et pareillement, il y a une trame centrale : nous assistons à ce qui semble être une quête vengeresse menée par une troublante femme blonde ( Sondra Locke ) qui élimine successivement différents hommes. La blonde en question, nommée Jennifer Spencer, assassine les auteurs de deux viols, le sien et celui de sa sœur, qui se sont déroulés plusieurs années auparavant, au cours d'une soirée qui a viré au cauchemar. Harry Callahan qui enquête sur ces meurtres découvrira les raisons de la vengeance de Jennifer Spencer et c'est là que surgira à nouveau toute l'ambiguïté du personnage, celle des deux premiers films. L'inspecteur fera en sorte qu'elle reparte libre. Ainsi, il se sub...

The enforcer (1976) - James Fargo

Les affiches des deux premiers Harry Callahan, Dirty Harry et Magnum force , sont des dessins en perspective avec un Clint Eastwood pointant son magnum 44 vers le public. Celle de The enforcer est plate... à l'image du film. En effet, la mise en scène de James Fargo n'a rien d'exceptionnel tout comme le scénario qui réduit le rôle principal à sa plus simple expression, gommant les ambiguïtés qui existaient précédemment. Harry Callahan est considéré comme étant un flic expéditif ? Très bien, mettons-le en scène dans diverses situations où il pourra sortir son gros flingue et taper du poing sur divers voyous.  Harry Callahan est jugé comme étant un flic misogyne ?  Très bien, collons-lui un partenaire féminin envers qui il pourra sortir quelques répliques sexistes dont elle s'offusquera (l'inspectrice Kate Moore interprétée par Tyne Daly). Harry Callahan ne supporte pas la bureaucratie ? Très bien là encore, mettons-le dans une situation où il sera e...

Magnum Force (1973) - Ted Post

Malgré les foudres qui se sont abattues sur Dirty Harry en 1971, Clint Eastwood récidive deux ans plus tard avec ce Magnum Force où il enfile à nouveau le costume de l'inspecteur Harry Callahan. Je pourrais, comme beaucoup (trop) d'autres expliquer que cette suite est une réponse au supposé fascisme du personnage et du film précédent parce que l'inspecteur se trouve confronté à des flics qui n'hésitent pas à assassiner toutes sortes de délinquants, mafieux, proxénètes et autres individus responsables de tous les maux de la société et que Harry est loin d'approuver leurs méthodes. Mais je ne ferais que répéter un discours qui m'inscrirait dans une chaîne moutonnière sans faire preuve du moindre esprit critique. Alors non. Quand on s'apprête à regarder un film dont les affiches mettent en évidence un Clint Eastwood brandissant un énorme revolver vers le public en exagérant délibérément la perspective, il ne faut pas s'attendre à un spectacle des...

Dirty Harry (1971) - Don Siegel

L'histoire est connue, Dirty Harry est le film qui a valu à Clint Eastwood d'être qualifié de fasciste, une réputation qu'il a trainée jusqu'à aujourd'hui. Certes, le personnage de l'inspecteur Harry Callahan n'est pas le plus ouvert des hommes mais de là à le traiter de fasciste, voilà un qualificatif que je n'ai jamais approuvé et que je n'approuverai jamais. Harry Callahan est un individualiste qui se place prioritairement du côté des droits des victimes plutôt que ceux des criminels, une position qui le conduit à  s'opposer régulièrement à une administration aveugle et sourde tant elle est enfermée dans des principes qu'il ne reconnait pas ; une position un brin caricaturale mais servant de nombreuses œuvres du même genre. Il est assez rare de lire un sujet sur Dirty Harry ne se focalisant pas sur son aspect réactionnaire et dans les forums, il y a toujours une ou plusieurs personnes pour venir fustiger son supposé fascisme. Clin...

The stranger (2015) - Harlan Coben

" Non, sa vie ne bascula pas dès les premières paroles de l'inconnu. C'est ce qu'Adam Price se dit par la suite, mais il se mentait. Il avait su tout de suite, dès la première phrase, que c'en était fini de sa paisible existence d'homme marié et de père de famille. C'était une phrase toute simple pourtant, mais le ton entendu, empreint de sollicitude presque, lui fit comprendre que rien ne serait plus comme avant. - Vous n'étiez pas obligé de rester avec elle, lui dit l'inconnu. "   La situation personnelle et professionnelle de Adam est plutôt confortable. Avocat, il est marié à Corinne qui lui a donné deux garçons. La seule préoccupation du couple est d'espérer que l'un de leurs fils sera pris dans l'équipe de foot du collège. Un soir, dans un bar, un inconnu l'aborde pour lui affirmer que sa femme a simulé sa dernière grossesse, celle où elle avait fait une fausse couche. Puis, il quitte les lieux rapidement. Apr...

Kaïken (2012) - Jean-Christophe Grangé

" La pluie. Le mois de juin le plus merdique de tous les temps. Depuis plusieurs semaines, la même rengaine, grise, trempée, glaciale. Et c'était encore pire la nuit. Le commandant Olivier Passan fit claquer la culasse de son Px4 Storm SD et le posa sur ses genoux, cran de sûreté levé. Il reprit le volant de la main gauche et sait de l'autre son Iphone. Le programme GPS tournait sur l'écran tactile, éclairant son visage par en dessous, façon vampire.  - On est où ? grogna Fifi. Putain, on est où, là ? Passan ne répondit pas. Ils roulaient lentement, phares éteints, distinguant à peine le décor. Un labyrinthe circulaire, à la Borges. Des murs courbes tapissés de briques et d'enduit rosâtre, multipliant les entrées, les allées, les détours, mais repoussant toujours l'intrus vers l'extérieur, à la manière d'une muraille de Chine qui tournerait sur elle-même, protégeant un centre mystérieux. Le labyrinthe n'était qu'une cité classée ZFU : zo...

Pandemia (2015) - Franck Thilliez

" Le premier son qu'entendit Gabriel fut le cliquetis de la chaîne menottée à sa cheville gauche. La douleur sous son crâne était abominable. Recroquevillé sur le flanc, il fit glisser ses doigts sur la surface métallique qui lui entaillait la joue droite. Il devait s'agir d'une grille de ventilation en acier, l'un de ces trucs qui soulèvent les robes des filles lorsqu'elles marchent dessus. Gabriel aimait bien ces grilles-là, d'ordinaire. Il devina que de l'eau circulait dessous. Où l'avait-on emmené ? Et pourquoi ? Il cuvait encore son mauvais vin, mais il se souvenait avec exactitude de cette silhouette noire, jaillie de nulle part, sous le pont. Gabriel avait pensé à un oiseau géant, avec son bec, ses griffes démesurées qui brillaient sous la lune, avant qu'il sente une douleur dans sa nuque et ferme les yeux pour se réveiller ici, dans un lieu plus noir qu'une nuit sans étoiles." Angor n'était sorti que depuis quelques ...

Angor (2014) - Franck Thilliez

" Vendredi 10 août 2012 Une jeune automobiliste de 23 ans, impliquée dans un accident de voiture, a été retrouvée morte plusieurs heures après le drame, à un kilomètre à peine de son domicile familial, à la sortie de Quiévrain. Assise à son bureau, l'adjudant Camille Thibault surligna "a été retrouvé morte" et ne prit pas la peine de lire la suite. Elle referma le journal belge La Province, édition du 28 juillet 2011, avant de passer à l'enveloppe suivante, qui contenait un numéro du quotidien suisse 24 Heures, même date. Elle se rendit directement à la rubrique des faits divers et trouva d'un coup d'oeil ce qui l'intéressait . Deux accidents de la route s'étaient produits ce jour-là, le28 juillet, à une trentaine de kilomètres de distance. Le premier n'avait pas été mortel, le choc ayant été latéral, et l'automobiliste s'en était sorti avec un traumatisme crânien. De ce fait, Camille élimina l'article sur le champs. Les vi...

Chaud beffroi (2007) - Emmanuel Sys

"- Vous, les policiers, vous êtes quand même spéciaux ! Le lieutenant de police Frédéric Preux, allongé sur le lit, tourna la tête vers celle qui avait prononcé cette phrase. Ils venaient de faire l'amour et il crut que la remarque avait trait à sa façon de procéder. Pourtant, il avait eu l'impression qu'elle ne boudait pas son plaisir ". J'aurais bien aimé rédiger un article positif sur ce Chaud beffroi , l'auteur Emmanuel Sys m'ayant semblé sympathique lorsque je l'ai rencontré au salon du livre de La Bassée . Il m'avait dit qu'il était reconnu pour ses intrigues difficiles à résoudre et dans sa dédicace, il m'invitait à trouver le coupable avant ses enquêteurs. Hélas, à peine au tiers du roman, je m'ennuyais déjà et me contentais de suivre l'histoire passivement au lieu de me creuser les méninges, de chercher les indices entre les lignes. Yves Frémaux, le candidat UMP à la mairie de Lille aux prochaines élection...

Alex (2011) - Pierre Lemaître

" Alex adore ça. Il y a déjà près d'une heure qu'elle essaye, qu'elle hésite, qu'elle ressort, revient sur ses pas, essaye de nouveau. Perruques et postiches. Elle pourrait y passer des après-midi entiers. Il y a trois ou quatre ans, par hasard, elle a découvert cette boutique, boulevard de Strasbourg. Elle n'a pas vraiment regardé, elle est entrée par curiosité. Elle a reçu un tel choc de se voir ainsi en rousse, tout en elle était transformé à un tel point qu'elle l'a aussitôt achetée, cette perruque. Alex peut presque tout porter parce qu'elle est vraiment jolie. Ça n'a pas toujours été le cas, c'est venu à l'adolescence. Avant, elle a été une petite fille assez laide et terriblement maigre. Mais quand ça s'est déclenché, ç'a été comme une lame de fond, le corps a mué presque d'un coup, on aurait dit du morphing en accéléré, en quelques mois, Alex était ravissante. Du coup, comme personne ne s'y attendait plus, ce...

Les lyonnais (2011) - Olivier Marchal

Jusqu'à présent, j'avais toujours été déçu par les réalisations d' Olivier Marchal  au cinéma. Seule la série  Braquo  qu'il avait créée pour Canal + m'avait pleinement convaincu. Il s'avère néanmoins que son dernier long métrage sorti en novembre dernier au cinéma et récemment en vidéo,  Les lyonnais , est un bon polar : scénario bien ficelé, mise en scène carré et efficace. Très librement inspiré de la vie d'Edmond Vidal et des agissements du gang des lyonnais  dans les années 60 et 70, le film effectue constamment des allées-retours entre notre époque où Edmond Vidal, rangé des voitures, vient en aide Serge Suttel son ancien acolyte en cavale et la période où, ensemble, ils ont enchaîné les braquages avec d'autres complices ; et avec l'aide parfois de proches de réseaux politiques très droitiers. Le service d'action civique  est clairement évoqué. Le casting est impeccable, en tête Gérard Lanvin  et Tchéky Karyo , respectivement Edmond V...

Le convoyeur (2004) - Nicolas Boukhrief

Sorti en 2004, Le convoyeur est un film assez peu connu, trop peu connu. J'ai même constaté qu'il était parfois confondu avec une autre production, Le transporteur , qui sort des studios de Luc Besson et qui n'est rien de plus qu'un film d'action sans âme destiné à remplir au maximum les salles obscures. Cette confusion est peut-être aussi due au fait que dans ces deux mises en scène, on retrouve l'acteur François Berléand en second rôle. La comparaison s'arrête là tant les deux univers sont très différents. Le convoyeur , réalisé par Nicolas Boukhrief , est ce qu'on peut appeler une série B qui puise son inspiration dans ce qu'on appelle "le cinéma de genre" où l'on reconnait d'emblée certaines règles même si elles ne sont pas forcément écrites ainsi que certaines figures de style. Ici, il s'agit du polar noir mâtiné de considérations sociales. Alexandre Demarre ( Albert Dupontel ) est embauché par Vigilante, une soci...

Millenium - The girl with the dragon tattoo (2012) - David Fincher

Depuis la disparition de sa nièce, Harriet, il y a plus de 40 ans, Henrik Vanger, un riche industriel suédois reçoit chaque année pour son anniversaire une fleur séchée. Au crépuscule de sa vie, persuadé que Harriet a été tuée, il veut plus que toute autre chose savoir qui est responsable de sa mort. Il engage le journaliste Mikael Blomkvist pour résoudre cette affaire. Ce dernier, dans une mauvaise passe après avoir perdu un procès contre Hans-Eric Wennerström, une figure majeure de l'économie suédoise, accepte. En effet, en échange, Henrik Vanger lui promet toutes les preuves dont il avait besoin pour gagner le litige contre Wennerström, ce qui lui permettra de retrouver son honneur perdu. Se joindra à lui dans son enquête Lisbeth Salander, une jeune femme d'une intelligence exceptionnelle mais complètement en décalage avec la société. C'est ainsi que commence la désormais célèbre trilogie Millenium . Écrite par Stieg Larsson , c'est certainement ce que j'ai ...

Seven (1995) - David Fincher

  Cet article contient des spoilers à propos de la fin de Se7en .  J'ai eu l'occasion et donc l'envie de revoir Se7en , le chef d'oeuvre de David Fincher sorti en France au début de l'année 1996. Coïncidence, Brad Pitt qui y incarne le jeune flic David Mills est récemment revenu sur les conditions de sa participation au film. Dans Entertainment Weekly , il a déclaré: " J'ai dit au studio que je ne tournerai le film que si la tête était dans la boite. C'était contractuel. Il doit abattre le tueur à la fin. Il ne doit pas faire le bon choix, il réagit de manière passionnelle". A la place, et toujours selon ses propos, les producteurs lui auraient fait cette proposition: " Ce serait plus héroïque s'il ne tuait pas John Doe... Et la tête dans la boite, c'est troublant, peut-être que si c'était la tête du chien... ". Il est de ces films, quand on les regarde, quand le générique de fin commence, on sait qu'on a vu...