Accéder au contenu principal

Captain America : The first avenger (2011) - Joe Johnston

A l'instar de Superman chez DC, Captain America est le héros patriote des Etats-Unis de l'écurie Marvel. Affublé d'un costume aux couleurs de la bannière étoilée, le personnage est créé par Jack Kirby et Joe Simon dans les années 40 dont le premier ennemi sera Red Skull, nazi proche de Hitler. En ces temps d'adaptations de comics au cinéma, il fallait bien que ce super-héros passe sur grand écran, d'autant plus qu'on prépare le public à la sortie de The avengers qui réunit, entre autres, Hulk, Iron Man, Thor et ce Captain America. Les films des autres personnages cités étant sortis, c'était donc au tour de celui racontant l'histoire de Steve Rogers (interprété ici par Chris Evans qui avait déjà joué un autre super-héros, la torche humaine dans les deux récentes adaptations des Fantastic Four), petit gringalet américain qui se voit systématiquement refuser toutes ses demandes d'engagement dans l'armée américaine et qui va donc devenir, grâce au Dr Erskine scientifique juif réfugié aux Etats-Unis, Captain America.

Avec un tel personnage, on peut craindre le pire : Patriotisme exacerbé, musique pompeuse et grandiloquente, effets appuyés sur l'engagement sans faille du héros, America save the world everywhere and everytime etc. En réalité, tous ces aspects gênants ont plutôt été évités. Le film commence de nos jours en Arctique où une équipe de recherches découvre, enfoui dans la glace, le bouclier de Captain America. Flash-back en 1942 et plongée dans l'épopée du personnage pendant la seconde guerre mondiale où il affronte Red Skull, à la tête d'une secte nazie, Hydra, et dont le but est de devenir le führer à la place du fürher et conquérir le monde grâce à des armes surpuissantes qu'il a créées à l'aide du cube cosmique, joyau du trésor du Dieu Odin. Bon... écrit comme ça, ça a l'air un peu simpliste,un peu con... un peu crétin... et il faut bien reconnaître que ça l'est quand même un peu, mais pas mal d'éléments en font un film divertissant et sympathique à suivre.



D'abord, Joe Johnston, malgré la profusion d'effets numériques, a donné à son film un look série B vintage agréable qui sied bien à l'époque où il se déroule, les années 40. Après JumanjiJurassic Park III ou encore The wolfman, le metteur en scène démontre à nouveau qu'il vaut plus que l'image d'honnête artisan qu'on lui  prête et qu'il sait illustrer impeccablement les univers qu'on lui confie. Il avait d'ailleurs déjà précédemment mis en scène l'Amérique des années 40 avec The Rocketeer où le héros, une sorte de Iron Man avant l'heure, luttait contre des espions allemands.



Captain America sait aussi se moquer de la propagande américaine effectuée par le gouvernement auprès de sa population pendant cette période. Le héros sert d'abord à faire le show dans les spectacles destinés à récolter des fonds pour financer la guerre dans un costume risible et à jouer les fers de lance dans des productions cinématographiques guerrières de série B destinées à gonfler le moral des troupes et à motiver l'embrigadement militaire (c'est d'ailleurs la fonction première de ce comics à sa création). Ce n'est évidemment pas ce dont rêvait Steve Rogers. Il prendra alors en main son destin en allant libérer de lui-même un groupe de prisonniers. Dès lors, il aura la confiance de ses chefs, en tête le Colonel Phillips (impeccable Tommy Lee Jones) et pourra aller affronter le terrible Red Skull (Hugo Weaving) en portant un costume de super-héros digne de ce nom ; et vu comment il est dans les bandes dessinées, il n'était pas évident d'en créer un pour le cinéma sans paraître ridicule.



Il y a peut-être un flottement au milieu du film, le moment où Steve Rogers décide de prendre toute la dimension de sa transformation et de s'impliquer dans l'action se fait un peu attendre. Un autre défaut est qu'il manque sans aucun doute un vraie scène de bataille, on est dans la seconde guerre mondiale quand même ! Et enfin, on aurait apprécié des personnages un peu plus développés surtout la petite bande de soldats atypiques qui accompagnent le Captain America dans leurs avancées à travers l'Europe.

Vu en Blu-ray 3D, la tri-dimension est pas mal sans être extraordinaire. J'en ai vu de plus convaincantes mais de moins bonnes également.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Vertige (2011) - Franck Thilliez

J'ai découvert Franck Thilliez  il y a quelques années avec La chambre des morts , polar que j'avais apprécié lire. Plus tard, j'ai lu Train d'enfer pour ange rouge , thriller plutôt bien construit qui plonge le lecteur dans un univers qui se montre de plus en plus effrayant. J'ai achevé la lecture de  Vertige  récemment, son avant dernier livre qui me fait dire que l'auteur s'est amélioré entre ses premières œuvres et celle-ci ; Avec toujours ce goût pour les descriptions de scènes et situations morbides. Jonathan Touvier se réveille au fond d'une grotte glacée. Il est attaché au poignet par une chaîne qui restreint considérablement son champs de déplacement. Il y a son chien aussi, endormi et qui ne tardera pas à sortir du sommeil dans lequel il a été plongé. Deux autres hommes aussi se réveillent dans le même lieu : Farid, qui lui est enchaîné à la cheville et Michel, libre de ses mouvements mais qui a un masque de fer fixé autour de la tête. P...

Le Touquet - British Week : Week-end James Bond des 8 et 9 octobre 2011

Palais des Congrès - Entrée Pour la deuxième fois, Le Touquet organise la British Week. Débutée le samedi 8 octobre, elle s'achève dimanche prochain. La station se met "à l'heure anglaise" comme le proclame la municipalité. Cette année a été organisé un Week-end James Bond avec le Club français de l'agent secret britannique et plusieurs invités. Ceux qui me connaissent savent que je suis un mordu du personnage depuis pas mal d'années, depuis que j'ai 14 ans en réalité lorsque j'ai vu le tout premier James Bond, "Dr No". J'apprends ainsi qu'une conférence sur Ian Fleming  animée par un certain Jacques Layani, auteur de On ne lit que deux fois aura lieu au Palais des Congrès le samedi matin. L'après-midi est prévue la diffusion de "Tuer n'est pas jouer" suivi d'un entretien avec John Glen et Maryam d'Abo qui  sont respectivement le metteur en scène (ainsi que de quatre autres James Bond) et ...

Skyfall (2012) - Sam Mendes

Me rendre au cinéma pour découvrir le nouveau James Bond est une démarche qui se démarque de toutes les autres fois où je vais en salle. Dans un an, cela fera 25 ans que je me passionne pour ce personnage. Pour ses 50 ans de cinéma, l'espoir de vivre quelque chose d'excitant est plus intense que jamais. Sur la route, au volant de la voiture, je fais un dernier point. A l'exception de Away we go , j'ai vu tous les films de Sam Mendes  qui met ici en scène son premier Bond. J'ai aimé chacun de ses films et savoir que ce n'est pas juste un "faiseur" derrière la caméra est certainement ce qui m'emballe le plus. Il y a Daniel Craig  aussi bien sûr. Instantanément James Bond dans Casino Royale , il sauve à lui seul Quantum of solace  de la totale insipidité grâce à son jeu intense. Lorsque j'ai su que c'était Javier Bardem  qui incarnait l'ennemi du film, j'ai exprimé un "wahou" béat tant j'avais encore en tête son in...